Se trouver dans un livre


« Aussi je dis : 'Voici, je me présente avec le rouleau du Livre dans lequel se trouve ce qui m’est prescrit.' Accomplir ta volonté... » (Psaumes 40:8-9)

Lorsqu'une personne consulte et apprend d'un livre et qu'à chaque endroit qu'elle consulte ou qu'elle étudie elle s'y retrouve – c'est-à-dire qu'elle applique à elle-même les leçons de morale, qu'elle constate sa petitesse et sa médiocrité – peu importe le livre qu'elle étudie, ceci est un signe qu'elle désire remplir la Volonté de D-ieu.

Et ceci est l'explication de :

« Aussi je dis : 'Voici, je me présente avec le rouleau du Livre dans lequel se trouve ce qui m’est prescrit.' » Ceci est un signe qu' « accomplir ta volonté, mon Dieu, tel est mon désir. »


Se voir dans notre étude

Lorsque nous étudions un Livre saint (Tora, Guémara, halakha, Kabbale, éthique...), nous devons essayer de le faire avec l'objectif de nous transformer selon ce que nous apprenons. Bien sûr, chaque personne avance à son allure et une qui se transforme moins vite qu'une autre n'est pas à montrer du doigt. Le plus important est d'avancer dans la bonne direction : celle qui nous rapproche d'Hachem.

Après une séance d'étude – lorsque nous refermons le livre qui se trouve devant nous – nous ne devons pas accorder de l'importance seulement au nouveau matériel que nous venons d'apprendre. Certes, ce que nous ne savions pas quelques instants auparavant et qui est entré dans notre cerveau est important ! Ceci est particulièrement le cas dans le domaine de la halakha (loi juive) : c'est en accumulant le plus grand nombre de connaissance que nous pouvons faciliter notre rapprochement avec le Divin.

Cependant, si notre étude reste dans notre tête, elle risque de s'évaporer rapidement et dans tous les cas, elle ne possèdera pas la saveur que le Maître du monde aimerait qu'elle ait. Nous devons déployer des efforts importants afin de faire descendre cette étude dans notre cœur. C'est à cet endroit qu'elle pénètrera tout notre corps et qu'en peu de temps, elle fera partie intégrante de notre personnalité. La différence entre ces deux niveaux est celle qui existe entre le savoir et le vécu.

Savoir ce que désire de nous Hachem n'est pas très difficile. De fait, il suffit d'ouvrir un livre et de consacrer le temps qu'il faut pour apprendre. Ceci correspond au savoir. Il est autrement plus difficile de prendre à cœur ce que nous avons appris et de ne pas compter les efforts pour nous transformer en conséquence.

Cette idée est celle à laquelle le Roi David fait allusion dans le verset cité ci-dessus et c'est ainsi que l'apprend Rabbi Na'hman de Breslev. En d'autres termes, nous devons dire que nous étudions un livre « dans lequel se trouve ce qui m’est prescrit » plutôt que de penser que nous étudions un livre dans lequel sont prescrites des lois. Cette « personnalisation » de l'étude nous permet – en fin de compte – d'affirmer en toute vérité qu' « accomplir ta volonté, mon Dieu, tel est mon désir. » Autrement, notre étude est un exercice intellectuel qui ne correspond pas à la Volonté divine.

Il est important de préciser deux choses : 1) Constater notre éloignement du Divin – grâce à l'étude – ne doit pas être la raison de nous faire sombrer dans l'angoisse, que D-ieu nous préserve. Plutôt, ce constat doit être la source d'une prise de conscience chargée d'énergie nouvelle qui nous pousse à aller de l'avant : vers le Créateur et Sa volonté. 2) Si notre étude est plutôt intellectuelle et qu'elle a tendance à rester dans notre tête – sans réellement atteindre notre cœur – nous ne devons pas utiliser cela comme un prétexte pour y mettre fin. À la place, nous devons en faire l'objet de prières nouvelles dans lesquelles nous demanderons à Hachem de nous aider à atteindre ce niveau qui nous semble encore trop éloigné de nous.

Heureuses les personnes qui vivent selon ces principes.