Le pardon et les Bnei Noa’h


« Si tu tenais compte de nos fautes, Seigneur, qui pourrait subsister devant Toi ? Mais chez Toi l’emporte le pardon, de telle sorte que l’on Te révère. » Psaume 130, V. 3, 4 

Le Créateur de l'univers, dont dépend notre vie à chaque instant, exige le pardon dans les situations les plus nombreuses que nous pouvons rencontrer. De plus, dans le judaïsme, le Tsaddik reflète les attributs divins, qu’il s’agisse de sagesse, de connaissance, de miséricorde… D-ieu nous rédime ainsi par notre propre « négligence » des fautes de l’autre, ou répond par la rigueur à la rigueur. Le pardon n’est donc pas l’inaction ou l’indifférence. Il consiste à conserver notre intégrité morale pour garder l’accès à la prière, notre crédit si nous devons réellement défendre des valeurs essentielles ou porter assistance à de plus faibles.

Or la colère ronge le cœur, use notre temps, alors qu’elle est porteuse d’une ardeur et de remises en question pleines d'espoirs, sinon du besoin de retrouver un optimisme réel. A chacun d’en faire l’expérience ! Non plus « ses » instants mais « nos » instants peuvent s’avérer les plus décisifs dans le travail moral et intellectuel. Au plus vite, en somme, nous ressourcer dans ce dernier lorsqu’il est tourné vers le bien.

« Tout vient du Ciel sauf la crainte du Ciel. » On pourrait ajouter : sauf la manière dont nous exerçons notre libre arbitre, notre foi dans la prière, l’étude ou les actions positives de toutes nos forces. Ainsi que l’écrit le Roi David dans les Téhilim : « Eloigne-toi du mal et fais le bien, recherche la paix et la poursuis. » (Psaume 34)

Autour de nos pairs gravite par ailleurs une constellation de liens insoupçonnés et presque sans défauts, les informations circulent davantage que les démentis... Prendrions-nous le risque de décevoir ceux que nous respectons le plus ? De même, nous ne sommes pas les témoins complexes d’une réalité accessoire : ce monde créé nous dépasse et il en est ainsi de l’intériorité, des sacrifices personnels et des contradictions d’autres Bnei Noa’h ou non-Juifs. Qui peut être sûr que son mérite a été le plus grand dans un passé qu’il croit seulement connaître ?

Un cas extrême enfin, celui d’un Ben Noa’h malmené jusqu’à perdre en apparence ses meilleurs traits de caractère. Pourra se maintenir alors, de par sa conscience plus élevée de la notion de culpabilité individuelle (impureté, médisance…), une barrière qui protègera les Lois noahides que sont le respect de la vie et de la propriété.

Cela n’existe pas dans d’autres religions...

Yann Caro