La place des femmes dans le judaïsme (2)


« David-Yits'haq, j'aime bien lire vos articles, même si je ne suis pas très proche de D-ieu. Les choses seraient différentes si la place que tient la femme au sein du judaïsme l'était également. Je ne comprends pas la raison pour laquelle je ne peux pas faire ce qu'il me plait, simplement parce que je suis une femme. » (Anonyme, France)

Dans un précédent article, j'ai expliqué les raisons pour lesquelles contrairement aux idées reçues, les femmes n'évoluent pas réellement libres dans notre monde. Dans l'article d'aujourd'hui, j'explique pourquoi les entraves apparentes à la liberté des femmes au sein du judaïsme n'en sont pas vraiment.

Un cahier des charges pour chaque individu

Idéalement, une femme juive reçoit de son mari son éducation religieuse. En fait, cette éducation est le suivi de celle qu'elle est supposée avoir reçu pendant son enfance et les années passées chez ses parents. Avec le nombre croissant de personnes qui n'étaient pas respectueuses des commandements qu'Hachem nous a légués, mais qui le deviennent à l'âge adulte, l'éducation religieuse commence souvent à un âge avancé ; cela peut même commencer après le mariage !

Si une femme se sent soumise à son mari, c'est également ce sentiment que peut ressentir un homme par rapport à son Rav ! Si la femme dépend de l'homme qui lui transmet la Tora, le mari la reçoit de son Rav. Également, si une femme se sent abaissée chaque fois qu'elle doit poser une question à son mari (« Est-ce autorisé ou pas ? » ; « Que dois-je faire dans ce cas ? » ; etc.), celui-ci pourra l'être de la même façon chaque fois qu'il doit s'adresser à son Rav. La liste des comparaisons est longue.

Plutôt que de penser qu'au sein du judaïsme, la femme est enfermée et réduite à peu de chose, nous devons comprendre que chaque personne possède un rôle de « récepteur-émetteur » qui lui a été confié par le Créateur. En aucun cas, nous devons penser qu'une personne se situe au-dessus de l'autre.

Cela ressemble à une équipe de techniciens qui s'affairent autour d'une voiture de Formule 1, lors d'un Grand Prix. Peut-on dire que la personne qui fixe les boulons sur les roues est moins importante que celle qui a dessiné le moteur de la voiture ? Le pilote est-il plus important que l'individu qui remplit le réservoir d'essence. Toutes sont indispensables, car si une venait à manquer, c'est le système entier qui déraillerait !

Il existe un aspect des relations de couple dont on parle rarement, même si un nombre important des personnes concernées le vivent avec les plus grandes difficultés. Il s'agit du rôle de direction que doit mener le chef de famille. Je ne pense pas me tromper en disant que de toutes les tâches qui incombent aux hommes, celle-ci est la plus difficile à assumer par la gente masculine.

« Je ne désire pas ce rôle ! » ; « Pour quelle raison devrais-je mener la barque plutôt que de suivre paisiblement le courant ? » ; « Qu'on me laisse tranquille : je n'ai que faire d'être le manager de la famille ! » Voilà ce que j'entends le plus souvent. Les hommes sont fatigués de devoir mener la barque et d'être accusés – ou soupçonner – de le faire pour en tirer un avantage quelconque.

S'il n'est pas toujours facile de se faire dire ce que nous devons faire, il ne l'est pas toujours de le dire aux autres. Cela est encore plus vrai si la personne qui détient ce pouvoir apparent dépend elle-même d'une tierce personne : son Rav ! Le Maître du monde a mis en place les paramètres qui nous permettent de Le servir et il est sans doute bien plus intéressant de consacrer nos forces à réussir du mieux que nous pouvons dans le cadre qui nous est proposé par le Ciel, plutôt que de passer notre vie à nous demander pourquoi, pour quoi, jusqu'à quand...

Toutes ces embûches que nous inventons possèdent un point commun : elles nous sont envoyées par les forces du mal qui désirent nous éloigner d'Hachem. À cette fin, elles nous poussent à poser les mauvaises questions, à accorder de l'importance aux choses qui n'en ont pas vraiment... La tactique du mauvais penchant est simple : elle consiste à nous mettre de l'avant là où nous devrions nous effacer. Cela sera le sujet du troisième – et dernier – aspect de ma réponse.