La place des femmes dans le judaïsme (1)


« David-Yits'haq, j'aime bien lire vos articles, même si je ne suis pas très proche de D-ieu. Les choses seraient différentes si la place que tient la femme au sein du judaïsme l'était également. Je ne comprends pas la raison pour laquelle je ne peux pas faire ce qu'il me plait, simplement parce que je suis une femme. » (Anonyme, France)

Chère « Anonyme »,

Je comprends votre attitude. Le monde moderne semble vous laisser faire ce que vous désirez, avec les personnes que vous souhaitez et lorsque vous le voulez. D'autre part, il existe définitivement des attributs spécifiques au rôle de la femme dans le Service divin et partant, vous ressentez cela comme des entraves difficiles à supporter.

Une liberté d'apparence

La première partie de ma réponse concerne la liberté effective laissée à chaque individu – et plus particulièrement aux femmes – dans le monde moderne. Nous prenons celle-ci pour acquise et tout ce qui ressemble à une attaque contre ce principe remporte notre opposition systématique. Pourtant, de quelle type de liberté parlons-nous réellement ?

Si je me concentre plus spécifiquement sur la place de la femme dans nos sociétés – ce qui est le sujet de votre lettre – force est de constater que les entraves sont nombreuses. La première est l'importance qui est accordée à l'aspect physique des femmes.

Plus que jamais, nous vivons un monde où la beauté extérieure prime, tandis que la beauté véritable – intérieure – est délaissée entièrement. Cela pose deux types de problèmes : quelle est la véritable valeur du monde dans lequel nous vivons et que peut justifier les souffrances que ce système impose aux femmes – jeunes et moins jeunes – qui n'ont pas le privilège de correspondre aux canons de la beauté de leur époque ?

Il n'y a pas longtemps, un directeur d'entreprise me faisait une confidence surprenante. À chaque fois qu'il devait embaucher une nouvelle secrétaire – pour lui-même ou pour un service de son entreprise – il réunissait autour d'une table les personnes qui devaient utiliser les services de cette secrétaire. Devant ces personnes se trouvaient les dizaines (ou centaines) de curriculum vitae reçus pour le poste vacant.

Le processus de sélection se faisait en plusieurs étapes : expérience professionnelle, salaire escompté, lieu de domicile... Savez-vous quelle était la première étape ? La beauté ! Voici ce que m'a dit ce responsable : « Nous prenons les lettres une à une et avant même de les lire, nous jetons celles où les photos ne montrent pas un beau visage. » Vous lisez bien ! Peu importe le passé professionnel, la compétence, l'honnêteté... Ce qui importe le plus est d'être belle.

Pensez-vous que cela soit une exception ? Regardez autour de vous : dans les magasins, à la télévision, au cinéma, dans les spots publicitaires... Si les femmes belles peuvent espérer rencontrer le succès, qu'en est-il des autres ? De fait, c'est la totalité de nos sociétés qui est fondée sur ce principe : une femme se doit d'être belle.

Cela ne s'arrête pas au domaine professionnel. Lorsqu'une jeune femme commence à penser au mariage, quelles sont ses chances si elle ne possède pas un corps parfait et qui correspond aux goûts du jour ? Combien de jeunes femmes sont-elles malades parce qu'elles essaient de perdre quelques kilos accusateurs ? Je ne parle pas d'une façon théorique : l'usage de tranquillisants, les dépressions nerveuses graves, les tentatives de suicides... sont là pour nous mettre devant la réalité de ce monde. Honte à nous de nous prêter à ce jeu meurtrier !

Également, nous savons que le salaire des femmes n'est pas égal à celui des hommes. Les femmes sont sous-représentées dans tous les domaines : les postes de direction dans les entreprises, le monde politique... Dois-je continuer ?

Quelle est la femme belle qui n'a pas utilisé au moins une fois dans sa vie ses atouts physiques pour essayer d'obtenir quelque chose ou pour attirer l'attention sur elle ? Quelle valeur intrinsèque un système possède-t-il lorsque nous devons adopter un comportement animal pour atteindre un but noble ?

Je suis désolé de vous le dire, mais nous ne vivons pas dans un monde où la femme est libre. Du tour de poitrine à la forme du nez – en passant par le tour des hanches, la taille, la pointure de chaussures... – chaque détail est analysé et pris en compte pour enfermer littéralement la femme dans un carcan : celui des canons de la beauté. Liberté avez-vous dit ?