Étudier la Kabbale ? (3)


Nous avons récemment expliqué les raisons pour lesquelles les personnes intéressées à étudier la kabbale devraient étudier le Tanya et-ou le Liqouté Moharan. L'objet de cet article est de réfléchir aux raisons qui doivent nous motiver à étudier la kabbale... et à celles que nous devons éviter à tout prix.

La volonté de savoir ou un raccourci dangereux ?

Pour quelle raisons désirons-nous tant savoir ce qui est écrit dans les ouvrages de kabbale ? Même si l'on relève depuis quelques années un regain d'intérêt pour les livres de halakha, l'ampleur de celui-ci est loin d'être comparable à celui dont bénéficient les ouvrages de kabbale. Ceci ressemble à deux personnes qui désirent se délecter du meilleur gâteau d'un grand pâtissier. La première personne se présente au comptoir de son magasin afin d'en acheter un, tandis que la deuxième se présente du côté de la cuisine afin d'apprendre à le faire.

Bien souvent, nous voulons étudier la kabbale afin de découvrir les secrets de la Volonté divine et éprouver le plaisir particulier de « savoir. » Avec cette idée en tête, nous avons l'impression – à la lecture de chaque page – de nous enfoncer encore plus profondément dans un monde étranger, loin du nôtre et captivant. En d'autres termes, nous désirons connaître les plaisirs du gâteau en nous présentant directement au comptoir.

En agissant de la sorte, nous nous préoccupons rarement de la nature de la Volonté divine. Plutôt, nous pensons à nous faire plaisir. Cela ne serait pas un problème si nous étions pleinement conscients de ce que nous faisions : nous éloigner d'Hachem ! Toute étude de la Parole divine qui est purement intellectuelle et dont l'objectif final n'est pas de nous modifier – selon les critères du Créateur – est nuisible et ne devrait pas avoir lieu.

Ceci ne signifie pas que l'étude des ouvrages de kabbale est réservée aux personnes qui se modifient profondément en quelques jours. Le nombre de lecteurs serait grandement réduit ! Ce qu'il faut éviter, c'est étudier la kabbale sans faire le lien avec l'impact possible que cela pourrait avoir sur notre personne. Si nous désirons connaître les secrets de la Tora pour satisfaire notre curiosité, il est sans doute préférable de ne rien lire. D'autre part, si nous désirons lire ces ouvrages afin de découvrir ce que le Maître du monde attend de nous – même si nous ne sommes pas encore certains de pouvoir tout appliquer à la lettre – des trésors nous attendent.

C'est pour cela que je recommande l'étude du Liqouté Moharan – ou du Tanya – accompagnée de celle de la halakha. À la mesure des efforts que nous sommes prêts à déployer pour découvrir la kabbale, doit égaler ceux que nous mettons en œuvre pour découvrir la volonté du Créateur dans nos gestes quotidiens. Chercher à connaître les fondements de la Création de l'univers tout en continuant – par exemple – à manger ou à cuisiner comme le font les personnes non juives révèle l'imperfection de notre démarche spirituelle.

Ce dont il est question, ce n'est pas de transformer notre cuisine en vingt-quatre heures pour permettre au Grand Rabbin de France de venir y manger. Plus simplement, nous devons être conscients de notre éloignement du Divin et du chemin qu'il nous reste à parcourir pour nous en rapprocher. Afin d'avancer dans la bonne direction, l'étude de la halakha est un passage obligé. Ignorer cette vérité n'est pas se rendre service : elle a le pouvoir de déclencher la Colère divine sur notre personne, qu'à D-ieu ne plaise.

Je termine cette série d'articles par un point important : l'étude doit être faite à deux... ou plus. Dans tous les cas, il faut éviter d'apprendre seul. Si nous étudions seul, qui pourra nous dire que nous nous trompons dans nos interprétations ? Ceci aussi est un véritable danger : avant l'étude, nous ne savions pas quoi faire. Étudier seuls nous expose à nous tromper, en pensant suivre la Volonté divine ! La même erreur risque de se répéter chaque jour et de nous éloigner du Maître du monde. Qui oserait s'engager sur un tel chemin ?

Fin.