La clarté du coeur


Notre relation avec le Divin est composée de trois facettes distinctes : les actions autorisées et que nous faisons, les actions interdites et que nous ne devons pas faire et les actions autorisées que nous nous interdisons. Chacune possède son importance et en son absence entraîne des conséquences concrètes dans notre rapprochement avec D-ieu. Pourtant, leurs différences sont significatives et il est vital de les connaître. Avec l'aider de D-ieu, nous allons les détailler.

Les actions autorisées que nous faisons

Entrent dans cette catégorie toutes les mitswoth positives («Tu feras... ») que le Créateur nous a commandées de faire, ainsi qu'une multitude de gestes quotidiens plus ou moins importants. Dans le premier cas, on peut citer comme exemple celui de donner la Tsédaqa (la charité), de mettre les téfilines ou encore de prononcer les bénédictions (Birkath Hamazone) après un repas.

Dans le deuxième cas, on peut citer : faire la sieste (cela ne nous a pas été ordonné, mais est cependant autorisé), désirer accompagner son bœuf bourguignon d'un cru de qualité ou encore désirer changer de président de la république (bien sûr, toute correspondance avec une situation réelle est purement fortuite). Cette catégorie inclut tout ce que nous pouvons faire – en y pensant ou sans y penser – et en sachant qu'Hachem nous laisse carte blanche pour suivre le chemin que nous désirons.

Si nous ratons une mitswa positive (nous ne donnons pas la Tsédaqa, nous ne construisons pas de souka...), nous dressons un obstacle dans notre rapprochement avec le Divin. Cependant, il est important de savoir que dans ce cas, nous ne reculons pas ou en d'autres termes, nous ne nous éloignons pas d'Hachem.

Certes, nous avons raté une occasion d'avancer, mais nous n'avons pas reculé. (Ici, nous ne faisons pas référence aux mitswoth positives qu'une personne désire réellement faire mais que les circonstances lui mettent hors de portée. Si la tentative et les efforts étaient véritables, cette personne est considérée comme ayant fait la mitswa en question.)

Une façon de considérer les mitswoth positives est d'y penser comme étant des « points-cadeaux » que nous accumulons au fil des jours. Il est toujours bon d'essayer d'en posséder le plus grand nombre. Cela est particulièrement utile pour les jours où leur réalisation devient difficile ou impossible – qu'à D-ieu ne plaise – est que nous devons alors vivre sur le capital accumulé jusqu'alors.

Les actions interdites que nous ne faisons pas

Nous entrons ici dans la zone rouge : celle dans laquelle nous devons constamment prier afin de ne pas nous y retrouver. À chaque action de ce type réalisée, un carton rouge est sorti dans le Ciel pour nous exclure du jeu – c'est-à-dire de ce monde, que D-ieu nous préserve – et nous dépendons entièrement de la Compassion divine pour rester encore quelques temps sur le terrain de jeu.


Les transgressions – car c'est ce dont il s'agit – sont non seulement un obstacle dans notre rapprochement du Divin, mais à la différence des mitswoth positives que nous ne faisons pas, elle possèdent une force effrayante : celle de nous rejeter loin du niveau où nous étions avant de les commettre. C'est en faisant référence à elles qu'on dit d'une personne qu'elle est « tombée » de son niveau spirituel. La chute est causée par une transgression, pas par une action ratée de faire le bien.

En réalité, si l'on tient compte du niveau spirituel où se trouve chaque personne, les choses sont un peu plus subtiles. De fait, une chute pour un individu peut être une élévation pour une autre. Aussi difficile à comprendre que cela puisse être, Hachem prend beaucoup de plaisir lorsque nous fautons moins qu'auparavant. Ainsi, la personne qui ne respecte pas habituellement Chabath – qu'à D-ieu ne plaise – mais qui fait cependant l'effort de le faire pendant une heure un certain samedi, s'est rapprochée à sa façon d'Hachem.