Lire les Téhilim (Psaumes) 4:3


(Pour lire l'introduction à cette série, cliquez ici.)

“Fils des hommes : jusqu'à quand mon honneur sera-t-il avili ? Jusqu'à quand aimerez-vous les choses vaines et rechercherez-vous le mensonge ?” (Psaumes 4:3)

Dans sa fuite devant ses ennemis, le Roi David les interroge sur leurs véritables intentions. À première vue, la complainte de David peut surprendre. N'est-ce pas le Roi David qui avait atteint un niveau exceptionnellement élevé de bitoul (annulation) personnel ? N'est-ce pas lui qui savait – plus que toute autre personne – que tout est décidé du Ciel ? Était-il réellement touché par l'atteinte faite à son honneur ?

Ne pas être de ce monde, mais réagir face au monde

Nous avons déjà expliqué le concept de bitoul. La personne qui s'est annulée entièrement est celle qui a fait sienne la Volonté divine à un point tel... qu'elle n'existe plus en tant qu'entité séparée du désir de D-ieu. David avait atteint ce niveau. Partant, il est évident qu'il était entièrement indifférent aux insultes qui étaient dirigées contre lui. Ce n'est donc pas parce que son honneur personnel était touché qu'il se sentait blessé.

Plutôt, le Roi David savait qu'en s'attaquant à lui, c'était à Hachem que ses ennemis s'en prenaient. De fait, n'est ce pas D-ieu Lui-même qui l'avait nommé pour devenir le Roi du royaume d'Israël (Samuel 16:1) ? C'est donc pour défendre l'honneur du Créateur que David haranguait ses opposants. Nous apprenons de la réaction de David que s'effacer de ce monde ne signifie pas ne plus exister dans ce monde.

Ceci est le défi que nous devons relever : même si nous devons essayer de mettre de côté notre amour propre et notre honneur, il existe des situations dans lesquelles notre réaction est souhaitée et même voulue. Pour ne citer que quelques unes : lorsqu'en nous attaquant, on attaque en réalité Hachem (à l'exemple du Roi David). Dans ce cas, ne pas réagir veut dire que nous ne défendons pas le Nom d'Hachem, qu'à D-ieu ne plaise. Également, si on tache le nom de notre famille : si nous ne répondons pas, ce sont les membres de notre entourage qui risquent de pâtir de notre absence de réaction.

Il existe de nombreux autres cas où nous ne pouvons pas rester la bouche close. Il est fortement conseillé de prendre conseil auprès d'une autorité rabbinique pour les connaître afin d'éviter de répondre si l'on n'avait pas dû, ou de rester muet, si l'on avait dû répondre.

Nous faisons nôtre la seconde partie du verset qui s'adresse à notre mauvais penchant. Son unique objectif est de nous éloigner du Divin et pour cela, il nous fait miroiter un nombre infini de choses vaines et il multiplie les mensonges pour nous faire tourner la tête. Lorsque nous l'écoutons, que D-ieu nous préserve, il ne faut pas se cacher les yeux devant le Maître du monde. Plutôt, c'est en accusant la force démesurée de notre yetser hara' que nous devons justifier nos fautes et nos erreurs.

Les choses vaines, ce sont les plaisirs matériels de ce monde. Les mensonges, ce sont les promesses d'un sentiment de satisfaction et de contentement si nous nous faisons soi disant plaisir, même si cela nécessite un écart par rapport à la Volonté divine, qu'à D-ieu ne plaise. Dans les deux cas, si nous prêtons une oreille attentive à ses conseils, nous tombons dans le monde du superficiel et du provisoire. C'est à notre âme que nous faisons mal lorsque nous baissons les bras et que nous suivons les diktats de notre corps.

Dans le verset suivant, le Roi David proclame que c'est entre les mains d'Hachem que nous devons nous confier pour sortir vainqueurs de cette lutte quotidienne et puissante. Certes, nous devons faire tous les efforts possibles pour ne pas entendre les paroles mielleuses de notre yetser hara', mais si nous croyons que nous pouvons le vaincre de nos propres forces, nous faisons preuve d'une grande vanité.

À suivre...