Les bonnes questions... et les autres !


L'être humain ne peut pas s'empêcher de penser. Il ne s'agit pas d'un désir, mais d'un besoin. Le Créateur nous a programmés pour penser, dès l'instant où nous ouvrons l'œil, jusqu'au moment où nous le fermons. Certaines personnes pensent tellement qu'elles ont besoin d'une aspirine pour lutter contre leur mal de tête. (Ma femme regrette régulièrement que je ne fasse pas partie de cette classe d'individu ; selon elle, cela me permettrait de faire moins de bêtises !)

Notre mauvais penchant sait cela pertinemment et il s'en sert souvent pour nous faire tourner en bourrique. Fidèle à lui-même, il présente ses attaques sous l'aspect de questions intelligentes, pointues et qui sont censées nous aider à nous rapprocher de D-ieu. Partant, notre problème consiste à identifier les questionnements naturels et qui nous aident à faire un pas vers la bonne direction, de ceux qui nous sont soufflés par le yetser hara' et dont le but est de nous rendre la vie misérable, qu'à D-ieu ne plaise.

Identifier l'ennemi

Afin de nous rendre la vie dure, le mauvais penchant se sert de notre orgueil et de notre prétention à tout savoir (ou à tout devoir savoir) et à bannir de notre bouche la phrase que chaque individu espère ne jamais prononcer : « Je ne sais pas. » Pourtant, avec un peu de modestie, il est possible d'être plus fin que le yetser hara' et de faire en sorte que ce soit lui qui mange son pain noir.

Imaginez que vous soyez un grand chirurgien. Votre malade se trouve devant vous, endormi et le cœur ouvert. Pour chaque mouvement que vous faites et pour chaque organe que vous touchez, les conséquences peuvent être terribles. Si vous étiez dans cette situation, on comprendrait parfaitement que vous ne preniez aucun risque. De fait, si vous agissiez autrement, vous seriez coupable de la plus grande négligence possible : celle qui met la vie d'une personne en danger.

Nous sommes le chirurgien et notre esprit est l'outil dont nous nous servons pour mener à bien notre opération. Certes, notre esprit se doit d'être actif : un chirurgien qui ne ferait rien serait également dangereux ! Pourtant, si notre esprit s'engage dans une mauvaise direction, les conséquences peuvent être dramatiques. Un peu trop à gauche ou un peu trop à droite et la fin est certaine, que D-ieu nous préserve.

Un chirurgien ne le devient pas du jour au lendemain. La formation est longue et les personnes qui enseignent des professionnels extrêmement compétents. Pour notre esprit aussi, la formation est longue. Notre problème est que nous faisons souvent l'école buissonnière. Que penserions-nous d'un élève chirurgien qui prétendrait se former tout seul ? Lui confirions-nous notre corps ? De la même façon, nous ne devrions jamais faire prêter le moindre crédit à notre esprit s'il n'a pas été formé dans les meilleures écoles.

Dans ces écoles aussi, les enseignants ont été formés à la perfection. Ce qu'ils enseignent, ils l'ont reçu de leurs maîtres. C'est en s'en tenant au moindre détail de ce qu'ils ont appris que leur enseignement révèle sa valeur. En la matière, la nouveauté est suspecte et l'originalité peu appréciée. Ce sont ces enseignants que nous devons chercher et à qui nous devons nous adresser pour former notre esprit.

Les questions que nous nous posons peuvent être classées – d'une façon un peu simpliste – en trois catégories : 1) les bonnes ; 2) les bonnes pour lesquelles nous devons attendre et 3) les mauvaises. Si nous parvenons à identifier et à classer chaque question qui nous vient à l'esprit, nous aurons fait une grand pas pour rencontrer la joie et le bonheur chaque jour de notre vie. Qui a dit que cela ne mérite pas de faire quelques efforts ?