Un peuple de Kohanim


“David-Yits’haq,

J’aimerais bien avoir une réponse à ces question : si notre D-ieu est le même pour tous, est-t-il vrai que les musulmans sont entendus et leur prières exaucées ? Également, que mériteront les personnes qui ne sont pas juives après leur mort : auront-elles droit au Paradis ? Merci.” (Leslie A., France)

Leslie,

Hachem peut être comparé à un Roi et l'humanité à Son peuple. Ainsi, il sied à chaque individu d'accorder le plus grand honneur au Créateur, à l'image d'un citoyen qui honore son roi. De plus, au sein du peuple, il existe deux catégories principales : les personnes juives et celles qui ne le sont pas. Chaque de ces catégories possède ses propres obligations envers le Roi de L'univers. Afin de simplifier, il suffit de dire que le peuple juif possède 613 mitswoth (commandements) à suivre, tandis que les autres nations de la terre en ont seulement 7 (les sept mitswoth des Bnei Noa'h-des enfants de Noé).

Un peuple de Kohanim

Chaque roi possède sa cour ; celle-ci est composée d'individus qui sont plus proches du roi que les autres sujets de la nation. Si les membres de la cour royale bénéficient d'une proximité plus importante avec leur roi, cela s'accompagne également avec un plus grand nombre d'obligations. Proche de son roi, un individu se sent certainement moins libre de ses mouvements que lorsqu'il en est éloigné.

“Vous serez pour Moi une dynastie de Kohanim (pontifes) et une nation sainte.” (Exode 19:6) C'est de la sorte que le Maître du monde a élu le peuple juif pour être un peuple de Kohanim. Même si dans ce verset, le terme “Kohanim” ne possède pas la signification exacte de prêtres (lire Rachi à propos du verset), il dénote néanmoins une position plus proche d'Hachem que les autres nations de la terre (Ramban) . Ainsi, le peuple juif est en quelque sorte la cour de D-ieu.

C'est sans doute pour cela que les juifs possèdent un nombre de commandements plus important que celui des autres nations du monde. Partant, c'est en fonction de notre respect de ces commandements que nous serons jugés. D'autre part, les autres nations possèdent leurs propres commandements (les sept mitswoth mentionnées ci-dessus) et c'est en fonction d'eux qu'elles seront jugées.

On le voit, chaque personne possède son chemin spécifique du rapprochement avec le Divin. Plus elle déploie d'efforts pour y avancer d'un pas ferme, plus le plaisir céleste est grand. En aucun cas, il est demandé à une personne d'emprunter le chemin de son voisin. Cela ne correspondrait pas à la Volonté Divine et il serait irresponsable d'essayer.

Les dangers de l'idolâtrie

Un concept place définitivement une personne dans une position très éloignée du Créateur : celui de l'idolâtrie. Contrairement à ce que de nombreuses personnes pensent, être musulman ne rend pas la personne un idolâtre. En ce qui concerne le christianisme, la conclusion est moins claire : si selon certaines autorités halakhiques, un chrétien est un idolâtre (Rambam), cet avis ne fait pas l'unanimité (Meiri, le Maharal de Prague).

La différence entre les deux est la suivante : croire que Hachem a envoyé un nouveau prophète et nous a demandé de suivre ses directives n'ôte pas Son autorité suprême à D-ieu. Les musulmans croient au même Hachem que nous croyons. Ce que nous pensons être une erreur est pour eux une vérité historique : le statut de prophète d'un individu spécifique. Parce que nous ne lui attribuons pas ce statut, nous sommes juifs ; parce qu'ils lui reconnaissent, ils sont musulmans.

Les chrétiens pensent différemment : ce qu'ils attribuent au Créateur s'approche de l'idolâtrie (ou s'y apparente selon les autorités auxquelles ont fait référence) et devient certainement plus problématique. Cependant, si l'on suit les autorités qui pensent qu'il ne s'agit pas d'idolâtrie, les chrétiens ne sont guère plus éloignés de D-ieu que les musulmans.

Le débat est plus simple pour les autres croyances religieuses (principalement dans le monde asiatique). Dans ce cas, il s'agit de l'idolâtrie sans le moindre doute et les personnes qui s'identifient à ces croyances se placent à l'extérieur de ce qui est acceptable pour le Créateur.

Dans le Monde à venir, chaque personne – à l'exception des idolâtres – sera récompensée en fonction du respect qu'elle a affiché à l'encontre des commandements qu'elle devait suivre.

La question qui consiste à se demander si le peuple juif recevra une récompense plus grande que celle des autres nations est théorique : nous ne le savons pas vraiment. Dans tous les cas, la beauté du judaïsme est de laisser la porte ouverte aux personnes qui désirent s'y joindre. Cela ne laisse aucune place à la jalousie des autres nations pour une supposée place dorée réservée aux juifs : elles peuvent toujours nous y rejoindre !