L'indispensable... et le reste


Dans ce monde – et dans la relation que nous entretenons avec notre corps – notre vie est partagée entre besoins et désirs. Les premiers sont nécessaires et vouloir s'en passer serait futile. D'autre part, les seconds sont superflus et même s'il est extrêmement difficile de s'en passer, au moins devrions-nous le vouloir.

Des besoins incontournables

Imaginez une personne qui se fixe comme objectif de ne plus dormir ou de ne plus manger. L'intelligence n'est sans doute pas ce qui la caractérise ! Il y a des besoins dont notre corps ne peut absolument pas se passer. Certes, cela ne signifie que nous pouvons nous laisser aller à faire ce que nous désirons (cela entre dans la catégorie des désirs que nous expliquons ci-dessous) ; plutôt, nous devons trouver notre “minimum vital” dont nous avons besoin pour vivre d'une façon décente.

Si une personne a besoin de six heures de sommeil, une autre devra dormir huit heures pour avoir l'énergie nécessaire dans sa journée de travail. Un individu a besoin de 2 500 calories chaque jour, tandis qu'un autre en demande 3 500. Mon voisin a besoin d'un minimum d'exercice physique chaque jour, tandis que je peux rester sur la même chaise huit heures d'affilée… Chaque personne est différente et il ne sert à rien d'aller contre notre nature. De fait, cela peut être nuisible dans de nombreux cas.

Nos besoins physiques sont une des raisons pour laquelle chaque individu possède sa façon unique de servir Hachem. Tout le monde ne peut pas se lever à quatre heures du matin pour aller prier ! Également, si ma grand-mère se contentait d'une courgette bouillie pour son repas du soir, il y a bien longtemps que ma femme à compris que cela ne correspond à l'appétit de chacun de nos fils !

Nous devons faire attention à ne pas prendre un désir pour un besoin et c'est pour cela que nous devons continuellement travailler sur nous. Si une personne a besoin de sept heures de sommeil, il faut qu'elle s'assure d'une part, que six heures et quarante-cinq minutes ne lui suffisent vraiment pas et d'autre part, qu'elle ne prenne pas l'habitude de dormir sept heures et quinze minutes, puis sept heures et demi… En d'autres termes, nous devons toujours avoir l'œil sur nos besoins pour qu'ils ne se transforment pas – sans crier gare – en désirs.

Des désirs à diminuer

Notre rapport avec les désirs est différent, même s'il possède quelques points communs avec nos besoins. Le mauvais penchant cherche toujours à nous faire croire qu'un désir n'en est pas un. “Qui peut manger une tranche de pain sans beurre de nos jours ?” ; “À quoi peuvent bien servir les vêtements que vend Tati ?”

En instillant le doute dans notre esprit, nous sommes le plus souvent rapides à transformer un désir en besoin. Cela est dangereux car de la sorte, nous ignorons notre obligation de faire le maximum d'efforts pour nous en séparer. Ceci est exactement ce que désire le mauvais penchant.

Rabbi Na'hman de Breslev compare les désirs du corps à l'écorce d'un fruit (Liqouté Moharan I, 62:5). Les deux possèdent le point commun de ne pas être indispensables à la vie : la banane peut exister sans sa pelure et notre corps sans la confiture. Voici la définition d'un désir : en son absence, la vie peut se maintenir. Commençons par placer la barre au niveau le plus haut possible ; nous verrons ensuite comment amener cette réalité dans notre vie quotidienne.