Danger mortel (2)


Lors d'un précédent article, nous avons nommé les deux dangers les plus importants de la philosophie, à savoir : qu'il n'existe pas de lien entre son enseignement et la droiture morale de la personne qui l'enseigne et d'autre part, que la philosophie se fonde sur la négation de la notion de Divin. Nous essayons aujourd'hui de développer ces deux idées et de répondre à une question : doit-on donc mettre au placard notre potentiel intellectuel si l'on désire respecter la Volonté divine ?

Devenir une meilleure personne

Le Créateur nous a mis dans ce monde pour une raison précise : nous rapprocher de Lui, aussi souvent et autant que possible. À cette fin, Il nous a donné la Tora et les mitswoth qui nous permettent d'afficher notre désir de suivre la Volonté divine et de devenir de meilleures personnes, chaque jour un peu plus.

Ces deux fondements sont bafoués par la philosophie. Dans un premier temps, les philosophes rejettent massivement l'idée du Don divin de la Tora et l'existence des mitswoth ; dans un second temps, l'enseignement philosophique n'a pas pour objectif d'améliorer ses enseignants, ni ses enseignés.

Lorsqu'un système de pensée se fonde sur l'opposition au Divin, il ne sert à rien de vouloir en apprendre quelques notions positives ou de vouloir l'influencer d'une façon ou d'une autre. Plutôt, c'est en fuyant rapidement qu'il faut sauver notre âme et notre vie spirituelle. Le monde que nous a donné Hachem renferme suffisamment de trésors pour qui notre intérêt se porte sur des matières moins dangereuses.

D'autre part, ce raisonnement ne s'applique pas aux autres sciences comme la médecine, les autres sciences humaines, la physique… Toutes ces sciences nous servent dans notre vie quotidienne, sans qu'elles s'opposent à l'enseignement de la Tora. Si une personne désire s'adonner à des exercices intellectuels en toute sécurité, elle n'a que l'embarras du choix.

Également, les questionnements existentiels en dehors du cadre de l'émouna sont au mieux, une perte de temps et dans certains cas, l'introduction à des théories abominables. À ce titre, il est frappant de constater l'attitude de l'intelligentsia allemande dans la première partie du siècle dernier : l'opposition au nazisme et à ses théories horribles n'est certes pas sa marque principale. L'esprit humain est suffisamment puissant pour faire des horreurs lorsqu'il n'est pas retenu par une force extérieure.