Danger mortel (3)


Un des objectifs de la philosophie est la définition du bon et du mal. Chaque concept est évolué, analysé et jaugé à la compréhension des auteurs. Partant, les philosophes se fixent comme de devoir de délimiter avec plus ou moins de précision le chemin qui est censé nous guider vers le bien. Cette volonté s'opposé à celle de D-ieu :

Une limite infranchissable

“Tous les arbres du jardin, tu peux t'en nourrir ; mais l'arbre du savoir du bien et du mal, tu n'en mangeras point car du jour où tu en mangeras, tu dois mourir !” (Béréchith 2:16-17) Ceci est le commandement du Créateur à l'homme. Dit en d'autres termes : l'être humain ne doit pas pouvoir définir le bien et le mal et s'il désirait le faire, il encourrait la mort.

Je ne répondrais pas à la question : pour quelle raison Hachem ne désire-t-Il pas donner à l'homme le pouvoir de définir le bien et le mal ? Cette question dépasse largement l'envergure de ma réflexion. Plutôt, je me contenterais de citer un des principes fondamentaux de l'émouna : ce sont dans les limites ordonnées par D-ieu que l'être humain doit évoluer.

Peu importe si nous comprenons ces limites (comme par exemple l'interdiction de tuer, de voler…) ou si nous ne les comprenons pas (comme par exemple l'interdiction de définir le bien et le mal, de manger kacher…), c'est à notre volonté de les respecter que notre émouna est mesurée. De fait, c'est précisément lorsque nous ne les comprenons pas que notre véritable émouna est révélée.

Il est relativement facile de comprendre les raisons pour lesquelles il est interdit de voler, de tuer…. Même les sociétés non juives possèdent ce style de lois. Ainsi, les respecter n'est pas une preuve éclatante de notre émouna. Cependant, si nous écoutons la Voix divine, même lorsque nous ne comprenons pas la raison du commandement donné, nous envoyons ce message puissant à Hachem : nous Te faisons confiance, au-delà de notre entendement. Il s'agit de la plus belle preuve d'émouna qu'une personne peut offrir à D-ieu.

C'est parce que nous avons le choix de ne pas écouter la Voix divine et de ne pas suivre le chemin qu'elle nous propose que nous serons récompensés. Ne pas avoir les capacités de définir le bien et le mal nous force à nous tourner vers Hachem afin de Lui demander Son aide. C'est exactement ce qu'attend le Maître du monde de Ses créature : qu'elles fassent appel à Lui.

Emprunter le chemin du rapprochement avec D-ieu commence par un peu de modestie. Celle qui consiste à reconnaître les limites de l'entendement humain et notre volonté de nous conformer au Désir divin en représentent les fondements. À l'opposé, les orgueilleux abondent qui prétendent pouvoir tout connaître, n'avoir “ni dieu ni maître” et ne rien craindre.

L'orgueil et la fierté sont ce qui nous perd si nous n'y prenons pas garde. Hachem désire que nous utilisions nos facultés intellectuelles pour nous rapprocher de Lui ; c'est Lui qui a dicté les règles du jeu et qui nous fournit le matériel pédagogique pour nos études : les textes de lois, le Talmud, les ouvrages de 'Hassidouth

De plus, D-ieu nous a donné deux choses inestimables : un cœur et une âme. Le premier nous permet de développer un amour immense pour le Divin, pour peu qu'on tente le coup. La deuxième nous permet de nous élever à des hauteurs extrêmement élevées et qui nous permettent d'apprécier le monde dans lequel nous vivons pour ce qu'il est : un moyen de nous rapprocher de nos Racines saintes.

À suivre…