Aimer D-ieu

Aimer D-ieu

Lorsque nous pensons à Hachem, nos pensées sont-elles plus proches de celles que nous avons le plus souvent lorsque nous pensons à notre femme ou lorsque nous pensons à notre patron ? La question n'est pas superflue : en connaître la réponse peut nous aider à révéler le style de relation que nous entretenons avec le Créateur.

Aimons-nous D-ieu ?

Malgré tout le respect que nous devons à la personne qui nous permet de gagner notre vie, nous disons rarement que nous l'aimons. Certes, notre patron est une personne importante dans notre vie, mais les rapports que nous avons avec lui n'en sont pas d'amour. Si vous n'êtes pas convaincus de cela, faites le test suivant : entrez dans le bureau de votre employeur et déclarez-lui à voie haute : “Je vous aime !” Je ne vous garantis pas que vous finirez la journée en étant employé par la même personne.

À raison, nous considérons notre patron comme une personne qui possède le droit de nous imposer ses règles et ses obligations. Nous savons que notre tache consiste à les appliquer, peu importe si nous les comprenons ou pas et si nous les approuvons ou pas. Ainsi, il existe une différence importante avec le sentiment que nous avons à l'encontre de notre femme.

Un couple dans lequel l'amour ne règne pas ne peut pas durer. Sans amour, c'est le terreau qui a été enlevé et plus rien ne peut croître, ni se développer. Dit autrement, l'amour est le ciment qui permet de résister aux nombreux défis de la vie quotidienne. En son absence, c'est la nature même du couple qui est modifiée.

De quelle façon peut-on montrer à notre épouse que nous l'aimons ? En faisant ce qui lui fait plaisir ! Tout le monde sait cela. De plus, si nous faisons cela sans qu'on nous l'ait demandé, nous montrons une preuve encore plus grande de notre amour.

Cela ressemble énormément à la relation que nous devons essayer d'établir avec le Maître du monde. C'est en faisant ce qu'Il désire que nous Lui montrons que nous L'aimons. Si nous ne connaissions pas Sa volonté, de quelle façon pourrions-nous Lui afficher notre amour ? À l'opposé, si nous cherchons à nous subtiliser à nos responsabilités, le message que nous Lui envoyons est clair : nous ne voulons pas de Lui, qu'à D-ieu ne plaise.

Un mari sait que sa femme aime la cuisine italienne : c'est dans un restaurant de ce genre qu'il l'invite. Un mari sait que sa femme désire une robe de couleur bleue : c'est exactement ce qu'il lui achète… Considérés sous cet angle, l'ensemble des volontés de la femme devient autant d'opportunités de lui afficher notre amour.

À l'opposé, si chaque désir de la femme devient un fardeau pour le mari, c'est que celui-ci ne l'aime pas vraiment. Ceci n'est pas difficile à comprendre : à l'intensité de l'amour correspond notre volonté pour nous complaire.

Hachem nous a communiqué Son désir et Sa volonté grâce aux mitswoth. C'est le matin qu'Il désire que nous mettions les téfilines. Le jour de Chabath, Hachem prend du plaisir à nous entendre prononcer le Qidouch. Lorsque nous ouvrons une Guémara ou un livre des Psaumes, nous sommes une source importante de satisfaction pour le Ciel. Etc.

À chaque mitswa que nous faisons, nous disons à D-ieu que L'aimons. Inversement, chaque mitswa que nous ignorons ou pour laquelle nous traînons les pieds, nous affichons notre détachement. Si nous nous sentons appartenir à cette deuxième catégorie – quelques fois ou souvent – cela n'est pas trop grave. Profitons-en pour en faire l'objet d'une prière et pour nous tourner vers le Créateur : crier notre désespoir devant notre éloignement et notre volonté de nous rapprocher est aussi une grande source de plaisir pour notre Père dans le Ciel.