Lire les Téhilim (Psaumes) 3:1


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“Psaume de David, quand il prit la fuite devant son fils Absalom.” (Psaumes 3:1)

Absalom, un des fils du Roi David, désirait s'emparait de la couronne par la force. Cet évènement majeur de l'histoire de la royauté du Roi David est décrit dans le livre de Samuel II, chapitres 15 à 19.

L'expression “Mizmor léDavid” (“psaume de David”) est une des expressions habituelles par laquelle commencent les chapitres des Téhilim. De fait, ce sont vingt-huit chapitres qui débutent de la sorte. Il est intéressant de noter qu'à sept autres reprises, les chapitres sont introduits par : “LéDavid Mizmor.” Quelle différence y a-t-il entre ces deux expressions ? Certainement, David n'était pas intéressé par un effet de style !

Une Inspiration divine

La Guémara Pessa'him 11a nous apprend qu'à l'occasion, une Inspiration divine reposait sur David et lui transmettait certains messages spécifiques. Lorsque cette inspiration le quittait, le Roi David ouvrait son cœur et rédigeait un chant d'une Sainteté extrêmement élevée. Ces chants sont introduits par l'expression : “LéDavid Mizmor.”

D'autre part, lorsque le mot “mizmor” (“chant”) précède le nom de David, c'est le chant lui-même qu'avait composé le Roi David qui lui permit d'atteindre l'Inspiration divine. Dans les deux cas, les paroles que nous a léguées le “chanteur doux” du peuple d'Israël doivent être considérées pour ce qu'elles sont : des paroles venues d'un autre monde, dont la teneur spirituelle est immense et qui ne peuvent pas être comparées à des paroles d'un chant commun aux êtres humains.

De ces deux expressions, nous déduisons également une leçon de la première importance pour notre Service divin. Si l'Inspiration divine est venue reposer d'elle-même à sept reprises sur David, celui-ci avait atteint à vingt-huit reprises ce niveau unique d'inspiration grâce à son propre chant, c'est-à-dire à sa propre volonté. On apprend ainsi que l'enthousiasme de David lui permit de s'élever plus souvent que le don du Ciel !

Ceci doit nous encourager à ne ménager aucun effort pour nous rapprocher d'Hachem ! Nous ne devons pas toujours attendre un signe du Ciel pour aller de l'avant. Plus souvent que nous le croyons, c'est en nous que réside le pouvoir de déclencher ce signe.

Une difficulté existe dans ce verset. Selon une règle admise par tous, l'Inspiration divine ne peut pas reposer sur une personne qui n'est pas joyeuse ou heureuse. Hachem ne désire pas entrer en communication avec un individu envahi par la dépression ou la tristesse. Ainsi, comment peut-on penser que David était joyeux, tandis qu'il était pourchassé par son fils qui désirait lui voler le trône et le tuer ?

La réponse à cette question tient en un mot : émouna (foi). Parce que David savait que tout ce qui arrive dans ce monde représente la Volonté divine – définition du “bon absolu” – il savait que cette fuite était bonne pour lui. Peu importe si sur le moment le Roi d'Israël ne pouvait pas comprendre quel “bon” pouvait se trouver dans une fuite pour sauver sa vie : il conservait une confiance entière et inébranlable en D-ieu. C'est cette émouna qui lui permit d'être joyeux, à un moment où le commun des mortels aurait tremblé de peur et d'angoisse.

Ceci doit nous rappeler qu'en toutes circonstances, il n'y a rien de mauvais qui nous arrive. Certes, il existe des situations peu enviables et dans lesquelles le bon est difficilement discernable. Cependant, si nous avons l'émouna, nous pouvons être certains que ce que nous vivons est le bon absolu, même si nous ne sommes pas toujours capables de nous en apercevoir.

À suivre…