Le sommeil spirituel (1)


Si nous sommes familiers avec le sommeil physique, nous devons savoir qu'il existe un autre type de sommeil : celui où l'on dort spirituellement. La définition du sommeil spirituel est simple : la personne qui dort est celle qui est éloignée d'Hachem et qui ne le sait pas. Il existe deux types principaux de sommeils spirituels : celui où la personne ne sait pas qu'elle dort et pense qu'elle est proche de D-ieu. Le second type est celui où la personne sait qu'elle dort (qu'elle est éloignée du Créateur), mais cela ne la dérange pas.

Si nous simplifions à l'extrême, il est possible de dire que les personnes qui appartiennent à la première catégorie sont celles qui possèdent déjà les aspects des personnes religieuses, tandis que les personnes du deuxième groupe sont souvent classées parmi les individus non religieux. Ainsi, il est intéressant de constater qu'au-delà des apparences, deux personnes apparemment très différentes l'une de l'autre peuvent toute les deux se trouver dans un sommeil spirituel.

Le réveil spirituel

Évidemment, une personne n'est pas obligée de dormir spirituellement chaque jour de sa vie. Un jour ou l'autre, elle peut s'apercevoir de la distance qui la sépare d'Hachem et décider de changer le cours des choses. Ceci est la définition du réveil spirituel. Heureuse est la personne qui se réveille : la voici vivante réellement !

De fait, dormir spirituellement n'est seulement une occasion manquée de se rapprocher du Maître du monde. Selon la Guémara Mo'ed Qatan 28a, le sommeil physique possède un aspect de la mort. De cette Guémara, nous pouvons déduire qu'une personne qui dort spirituellement ressemble d'une certaine façon à une personne morte. Conséquemment, lorsqu'elle se réveille et qu'elle désire retourner vers D-ieu, elle retrouve vraiment la vie.

Sans qu'on puisse en expliquer la raison, la personne qui est dans un sommeil spirituel commence un jour ou l'autre à se chercher : “Que fais-je de ma vie ? Que fais-je sur terre ?” Elle se demande quels sont les aspects positifs de sa vie ; malgré tout le mal qu'elle a pu faire durant sa vie, elle parvient cependant à trouver certains aspects positifs (néqoudoth tovoth) qui résident encore en elle.

Lorsque elle parvient à trouver en elle des néqoudoth tovoth, elle ressent une très grande joie. Dès l'instant où la joie pénètre en elle, la personne se trouve sur le seuil d'une nouvelle vie. Ainsi se présente la situation : au départ, elle a ressenti un désir indescriptible de changer le cours de sa vie et de se rapprocher de ses Racines saintes. Cependant, ce début de réveil est immédiatement interrompu par la prise de conscience de son éloignement du Divin.

C'est pour cela qu'il est important de chercher en nous les néqoudoth tovoth que nous pouvons trouver car elles nous procureront un élément essentiel pour la poursuite de notre sommeil : la joie. En l'absence de cette joie, il est tout simplement impossible d'emprunter le chemin du rapprochement avec le Créateur. En réalité, le véritable réveil spirituel est celui qui a réussit à dépasser ce stade initial et qui se poursuit grâce à la joie et au bonheur de découvrir qu'en fin de compte, nous ne sommes pas aussi mauvais que nous le pensions.


(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Hachkama Haboqer, Halakha 1:2)