Paracha Vayéchev - Renforcez-vous ! (2)


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Yossef recherche ses frères pour leur apporter le message de la Tora. Mais il faut voir aussi dans cette lettre caf supplémentaire (anokhi contient un caf, absent dans ani) un enseignement de plus : celui de tendre la main (la lettre caf tire son nom de la paume de la main) pour aider ses frères. « Haguida na li » : dis moi donc s’il te plaît. Le mot « Haguida » rappelle la Hagada de Pessa'h, qui nous raconte l’histoire extraordinaire de notre délivrance. Libération d’un peuple tout entier assujetti à l’esclavage, par la toute puissance divine.

Yossef et la Tora

Yossef répond qu’il est prêt à partager le destin collectif de son peuple, scellé par la descente en Égypte et sa sortie miraculeuse. Les lettres de l’expression « Haguida na li » forment les mots : « Eïn li - Hagada » - Je n’ai rien, (si ce n’est) une Hagada. Autrement dit, je me suis annulé (eïn li) ce qui me permet de goûter à la délivrance, racontée par la Hagada. « Eifo hem ro’im » : où font-ils paître leur bétail ? Le mot « ro’im » est apparenté à « ra’im », mauvais.

En d’autres termes, Yossef demande : « quelle est la faute qui a entraîné le développement des mauvaises midot, « ro’im » ? De plus, le mot « eifo » - où ? - a les mêmes lettres que « af Ya-h », la Colère divine … La voix intérieure dit alors à Yossef : puisque tu te considères comme rien, aïn, apprends donc ceci : « nas’ou mizé » : « ils sont partis d’ici ». Littéralement, ils se sont déplacés hors de « zé ». - ceci, désigne la Tora, car ce petit mot est composé d’un zaïn et d’un . La lettre zaïn, qui vaut 7, rappelle cet enseignement de la Tradition qui veut que la Tora soit composée de 7 livres. De façon classique, la Tora contient 5 livres, allusion à la lettre du mot « Zé ».

Les frères de Yossef ont donc délaissé la Tora, ce qui les a conduit à se séparer du Créateur : « Nas’ou », ils sont partis, a la même valeur numérique que « Makom », le Lieu, l’un des surnoms de la Divinité dans la littérature talmudique. Mais peut-on dire une chose pareille ? Les frères de Yossef étaient des Tsadiqim ! En fait, la Tora vient nous apporter un éclairage sur la différence existant entre Yossef et ses frères. Le nom « Yossef » est apparenté à « mossif », celui qui ajoute. Yossef représente celui qui est animé d’un élan incessant vers la Tora et les mitsvot : il cherche constamment à percevoir de nouveaux horizons dans la Tora, à avancer dans la sainteté.

Par contre, les frères de Yossef renvoient à celui qui n’est pas animé d’un désir aussi puissant : certes, il étudie la Tora, prie, fait de bonnes actions, mais sans plus. « Ki cham’ati omérim nélékha dotayna » : Car je les ai entendus dire : « Allons à Dothan ». Le mot employé dans la Tora pour désigner « à Dothan » est « dotayna ». Ce mot se décompose en « Ten - Day - Hé ». Ten veut dire : donne ! Ce mot a la même valeur numérique que « chéfa », l’abondance spirituelle. Au lieu de rechercher davantage de communion spirituelle, les frères de Yossef disent à D-ieu : « Day - ! » Hachem (), cela nous suffit (Day) !

Yossef doit donc leur montrer que le désir qui les anime est trop limité : ils doivent servir Hachem de toutes leurs forces, et ne pas se contenter de leurs niveaux, si élevés soient-ils. Car, dans ce monde, il n’existe pas d’entre-deux : si on ne progresse pas, on régresse.

Puissions désirer encore et encore servir notre Créateur, avec une ardeur toujours renouvelée !