Un guignol nobélisé


Barack Obama – le président des États-Unis – a remporté le prix Nobel de la paix. Le rapport Goldstone – à propos de la récente guerre de Gaza – fait l’objet de discussions dans les plus hautes sphères politiques mondiales. Vus à travers la lorgnette israélienne, ces deux évènements devraient nous permettre d’ouvrir les yeux sur la véritable nature du monde dans lequel nous vivons.

Un prix Nobel

En ce début d’année juive, Hachem nous aide d’une façon précieuse pour nous permettre d’y voir clair dans un monde bousculé de toutes parts. Ce monde – avec ses valeurs, ses promesses et ses mensonges – est celui qui nous tente régulièrement. Parce que nous y vivons, nous ne pouvons pas nous en séparer entièrement. Le tout consiste à ne pas se faire avaler entièrement.

Cela ressemble à un enfant dont l’odeur du chocolat au lait tente énormément. La boisson est trop chaude pour être bue, mais la tentation est trop grande : à chaque nouvel essai, l’enfant se brûle les lèvres, peste et… recommence quelques secondes plus tard pour se faire encore brûler. Nous sommes cet enfant et le monde est le bol de chocolat au lait.

Combien de fois nous sommes-nous laissés piéger par les promesses, les nouveaux élus, les accords politiques et tant d’autres vanités de ce monde. Pourtant, la fin est toujours la même : les promesses ne sont pas tenues, les nouveaux élus s’avèrent décevants, les accords politiques bafoués… Rien n’y fait : nous tombons de haut, nous promettons de ne plus nous y laisser prendre et… à la première occasion, nous recommençons à espérer, à attendre le messie… Jusqu’à quand devrons-nous recevoir des claques avant de comprendre ?

En Israël, construire une maison en Samarie nécessite l’accord du président des États-Unis. Celui-ci est résolu à faire “avancer la paix” entre israéliens et palestiniens et c’est – en partie – pour cette détermination qu’il a reçu le prix Nobel de la paix. L’organisme suédois qui avait déjà accordé le même prix à Yasser Arafat, garde la Terre sainte proche de son cœur et le laisse savoir à voix haute.

La paix est chère à tout le monde. Qui peut ne pas en avoir envie ? Cependant, si la paix est “l’absence de guerre entre pays,” rien ne nous garantit que cette paix soit juste. De fait, “paix” et “justice” ne se ressemblent pas et à l’occasion, ces deux concepts peuvent même s’opposer. Certes, le président des États-Unis désire ardemment la paix entre les israéliens et les palestiniens, mais il n’a cure de la justice. En politique internationale, la paix permet de vivre… en paix, même si certains ont le sentiment d’avoir été victimes d’une injustice.

C’est précisément pour cela que le prix Nobel récemment accordé à Barack Obama doit nous aider à ouvrir les yeux : nous ne devons accorder aucune confiance aux initiatives du monde pour régler le conflit entre Israël et les arabes. Ni hier, ni aujourd’hui et ni demain. La faute des dirigeants israéliens – d’hier, d’aujourd’hui et de demain – est de se prêter au jeu politique international, alors que celui-ci ne cherche pas la justice.