Sim'hath Tora chez le Ba'al Chem Tov

Sim'hath Tora chez le Ba'al Chem Tov

C’était le jour de Sim’hath Torah dans la synagogue du Ba’al Chem Tov. Après les prières du soir de Yom Tov (jour de fête), les ‘hassidim quittèrent la synagogue afin d’aller partager le repas spécial de fête. Plus tard dans la soirée, tous revinrent retrouver leur Rabbi – le Ba’al Chem Tov – pour célébrer ce jour unique de l’année.

Les ‘hassidim se rassemblèrent dans le hall d’étude de la synagogue et ils commencèrent à danser et à tournoyer en cercle à toute vitesse. Après plusieurs heures, l’entrain était à son maximum et rien ne semblait devoir les arrêter. Le Sefer Tora passait d’une main à l’autre et les chansons traditionnelles de Sim’hath Tora se faisaient entendre de plus belle. On ne comptait plus les bouteilles de vin vides qui jonchaient sur le sol.

Le petit matin venu, les fidèles se sentaient envahis par la joie et… un peu ivres. Ils supplièrent le gardien de la synagogue de leur amener quelques bouteilles de vin supplémentaires du cellier du Ba’al Chem Tov.

Lorsque ‘Hanna – la femme du Ba’al Chem Tov – entendit le vacarme qu’il y avait dans le hall d’étude et le cri des ‘hassidim qui suppliaient le gardien de monter encore plus de bouteilles, elle commença à s’inquiéter : peut-être n’allait-il plus rester suffisamment de vin pour le Qidouch et la Havdala ?

Rapidement, elle se rendit dans la pièce d’étude de son mari, le Ba’al Chem Tov. Elle demanda au Tsadiq : “Israël, peux-tu aller dans le hall d’étude pour dire à tes ‘hassidim d’arrêter de boire et de danser ? Autrement, il ne nous restera plus assez de vin pour faire Qidouch et Havdala.”

Le Ba’al Chem Tov rit à voix basse et dit : “’Hanna, je suis d’accord avec toi. Cependant, peux-tu aller toi-même leur dire d’arrêter et de rentrer chez eux s’il te plait ?”

La femme du Ba’al Chem Tov se rendit immédiatement au hall d’étude pour leur transmettre le message de leur Rabbi. Cependant, lorsqu’elle ouvrit la porte du hall d’étude, elle vit les ‘hassidim qui étaient encore en train de danser en cercle… avec des flammes qui brûlaient au-dessus de leur tête. Ensemble, les flammes avaient la forme d’un dais nuptial.

Sans perdre une seconde, elle ramassa le plus grand nombre de bouteilles de vin vides qui jonchaient sur le sol et elle descendit dans le cellier. Elle se mit elle-même à les remplir les unes après les autres. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour rejoindre les ‘hassdim et leur donner ce qu’ils réclamaient depuis si longtemps.

Plus tard dans la journée, le Ba’al Chem Tov demanda à sa femme : “Alors, ‘Hanna : leur as-tu dit de retourner chez eux ?”

‘Hanna répondit : “Israël, la prochaine fois je préfèrerais que tu y ailles toi-même.”