Dans quel monde vivons-nous ?


Dans les vingt derniers mois, vingt-cinq employés de la société France Télécom ont mis fin à leurs jours. Vingt-cinq personnes se sont tuées et tout porte à croire qu’elles souffraient toutes du même mal : le comportement inhumain de nos responsables politiques. Au moyen-âge, les rois de France envoyaient leurs sujets se faire tuer sur les champs de bataille.

Aujourd’hui, les princes élus de notre classe politique nous tuent à coup de lois et de décrets les plus injustes les uns que les autres et qui possèdent tous le même objectif : enrichir encore plus leurs amis.

Vivre dans ce monde

Ceci arrive lorsque nous prêtons trop d’attention et de confiance au monde dans lequel nous vivons : un jour ou l’autre, la déception l’emporte. Dans le domaine professionnel, nous vivons une période particulièrement difficile. La personne n’est plus respectée – si elle l’avait été un jour – et seul le profit qu’on peut en retirer intéresse. Les limites du savoir-vivre, du respect d’autrui et de l’intégrité morale sont repoussées à des limites que nous n’avions sans doute pas connues depuis l’esclavage.

Certes, certaines bouches expriment leurs regrets en disant que “nous sommes allés trop loin” (Stéphane Richard, numéro 2 du groupe France Télécom). Pourtant, qui est dupe ? Une nouvelle enquête (La Dépêche, 16 oct.) révélait récemment ce que nous savions déjà : 8% des français accordent leur confiance aux hommes politiques. Rendez-vous réellement compte de la signification de ce chiffre ? 92% des français savent que leurs représentants politiques ne s’intéressent pas à eux !

Dans ces conditions – et en sachant la place importante que tient la politique gouvernementale dans notre vie – il est certain que nous vivrons une désolation cuisante si nous plaçons notre confiance entre les mains de nos représentants politiques.

N’est-ce pas ce que nous faisons à chaque élection ? À l’étranger, Israël est le pays où les français ont accordé la plus grande confiance au résident actuel de l’Élysée lors de l’élection présidentielle de 2007. Le discours général – parmi les français – en Terre sainte à cette période indiquait qu’un nouveau messie venait d’être élu. Pauvre de nous !

À l’heure où le président s’occupe d’assurer la carrière de son fils, tandis qu’un ministre de la culture a démontré que ce qui l’intéresse au plus haut point dans la vie n’est définitivement pas ce qui se trouve entre les oreilles, on ne sait plus quoi dire ou penser pour exprimer notre dégoût. La faute revient en premier à nous-mêmes qui avons voté pour ces personnes et qui avions mis notre espoir en leurs actions. Le vingt-cinquième employé de France Télécom qui vient de s’ôter la vie nous rappelle l’étendue de notre bêtise.