Roch Hachana et la Terre d'Israël


Cette fin de semaine (samedi et dimanche 19 & 20 septembre 2009), nous fêtons Roch Hachana (le jour de l'an juif). Nous sommes nombreux à constater que depuis la tragédie de la Shoah, l'opposition dans le monde n'a jamais été aussi forte contre Israël.

L'antisémitisme renaît de ses cendres et – à la différence de ce qui se passait il y a encore peu de temps – il n'est plus nécessaire de cacher ses sentiments. Tout au plus, est-il plus sage de se déclarer anti-israélien plutôt qu'antisémite ; cela évite bien des poursuites légales. Cependant, personne n'est dupe : les juifs sont redevenus une cible populaire.

En cette période de l'année, nous voudrions souligner le lien fort et puissant qui existe entre Roch Hachana et la terre d'Israël.

La sainteté de la Terre d'Israël

Eretz Israël (la Terre d'Israël) est la terre la plus sainte du monde. Nous apprenons cela du verset (Deutéronome 11:12) où il est dit qu'il s'agit “d'un pays sur lequel veille l'Éternel (….) et qui est constamment sous l'œil du Seigneur, depuis le commencement de l'année, jusqu'à la fin de l'année.” Le verset fait donc le lien entre Eretz Israël et Roch Hachana, le “commencement de l'année.”

L'année d'une personne juive est remplie de prières dans lesquelles il est fait référence à la Terre sainte. Cependant, c'est quelques jours avant le jour de l'an – et jusqu'à la fête de Soukoth (la fête des cabanes) – que nous demandons avec le plus d'insistance que le Créateur révèle Sa Royauté à la face du monde. Ce jour-là, les antisémites de tous bords disparaîtront et notre vie prendra un nouvel aspect : celui du peuple, lumière des nations, que nous n'aurions jamais dû perdre.

La Royauté d'Hachem n'est pas forcément un concept difficile à comprendre. Ainsi, lorsque nous pouvons vivre notre vie de personne juive avec le minimum d'entraves, cela est dû au fait que la Royauté du Maître du monde se révèle avec un plus grand éclat.

La situation idéale n'est pas de ce monde et rien ne sert de s'énerver contre les opposants qui ne manquent jamais de nous dénoncer, peu importe ce que nous faisons. Cette situation découle de notre exil et il est illusoire de croire pouvoir s'en débarrasser en ce monde. Ceci est l'erreur des juifs qui placent leur confiance en l'armée, la politique, les concessions, les États-Unis… Aucune de ces solutions de rechange n'aboutira à une conclusion heureuse, surtout si nous ne les lions pas avec l'émouna (la foi) que nous devons avoir pour D-ieu.

Même si la Royauté d'Hachem ne sera pas entièrement dévoilée en ce monde, l'endroit où elle s'expose le plus est sans aucun doute en Eretz Israël. Existe-t-il de nombreux autres endroits dans le monde où il est possible de se rendre à la synagogue, chaque matin, enveloppé de son talith (châle de prières) et des ses téfilines ? Avez-vous déjà vu une ville – pendant la fête de Soukoth – avec des trottoirs encombrés de soukoth (cabanes) ? Le simple fait de marcher dans la rue avec une kippa sur la tête – qui l'ose encore en France ? – est un geste anodin… unique sur la planète.

Rien de tout cela peut et doit nous faire croire que vivre en Eretz Israël est un moyen d'oublier la longueur et la difficulté de notre exil. Le barbarisme des arabes, la politique du gouvernement israélien – si souvent opposée aux valeurs juives – et l'attention de ce petit bout de terre dans les médias internationaux sont présents pour nous rappeler qu'à Jérusalem aussi, nous vivons pleinement en exil. Tout au plus, est-il possible d'être les témoins de certains aspects de la vie quotidienne qu'il est impossible de voir ailleurs.