Ouman, le Tiqoun HaKlali et les femmes


Avec le retour de plusieurs milliers de juifs d’Ouman, deux questions sont régulièrement posées en ce qui concerne les femmes :

1) Est-il bien pour une femme de se rendre à Ouman – sur la tombe de Rabbi Na’hman – à l’occasion de la fête de Roch Hachana ?

2) Une femme peut-elle lire le Tiqoun HaKlali ?

Roch Hachana à Ouman

La raison pour laquelle nous nous rendons à Ouman pour y passer le jour de l’an juif est que Rabbi Na’hman le souhaitait. En dehors de cette raison, il n’existe aucune logique – pour un homme – à quitter sa famille pour aller dans un coin perdu d’Ukraine. Dans la mesure où Rabbi Na’hman s’adressait aux hommes, on ne peut donc pas dire – si on est une femme – qu’on va passer Roch Hachana à Ouman parce que le Tsadiq l’a dit.

Cependant, même si le Tsadiq ne l’a pas demandé, une femme pourrait avoir l’envie d’aller à Ouman pour Roch Hachana.

Dans ce cas, un problème élémentaire se pose : est-il approprié pour quelques dizaines de femmes de se retrouver au milieu de milliers d’hommes ? La réponse est évidemment “non.” Lorsqu’une femme se rend à Ouman pour le jour de l’an, elle se fait sans doute plaisir, mais cela est aux dépends de sa relation avec D-ieu. Pour quelle raison peut-elle croire que le Créateur prendrait du plaisir à la voir parmi tant d’hommes ?

Ainsi, je déconseille fortement aux femmes de se rendre sur la tombe de Rabbi Na’hman à l’occasion de Roch Hachana. Cela ne signifie absolument pas qu’elles ne peuvent pas s’y rendre à d’autres moments de l’année. De fait, il existe des voyages organisés – pour femmes – à d’autre périodes de l’année, avec l’avantage de payer bien moins cher que lors du jour de l’an, de s’y retrouver entre femmes et d’avoir une ambiance plus relaxante que la foule qu’on trouve à Roch Hachana.

Le Tiqoun HaKlali

Rabbi Na’hman a conseillé aux hommes de lire le Tiqoun HaKlali dans le cas où ils auraient commis une faute spécifique qui ne concerne que les hommes, que D-ieu nous protège. Ici aussi, une femme ne peut donc pas lire le Tiqoun HaKlali en pensant qu’elle répond à la volonté du Tsadiq.

Cependant, lorsqu’on sait que le Tiqoun HaKlali est composé de dix chapitres des Téhilim, il n’y a aucune raison d’en interdire la lecture aux femmes. De fait, si elles le lisent, elles feront la même chose que la plupart des hommes qui le font. Pour eux aussi, Rabbi Na’hman ne leur a jamais demandé de lire le Tiqoun HaKlali s’ils n’ont pas commis la faute spécifique à laquelle il faisait référence.

Il est certainement agréable de voir des centaines d’âmes juives lire les Psaumes, mais le plus souvent, elles le font pour se renforcer spirituellement et non pas parce que le Tsadiq leur a demandé. À la différence de la première question, la lecture du Tiqoun HaKlali ne possède aucun aspect négatif et peut donc être faite aussi souvent qu’on le désire.