Vive les différences !

Vive les différences !

Quelques fois, la Tora semble nous filer entre les doigts. Voilà un Rav qui nous apprend qu'une chose est permise, tandis qu'un autre nous dit qu'elle est interdite. Une communauté à l'habitude d'agir d'une façon spécifique, tandis qu'une autre proscrit le même comportement. Les uns portent des jeans, d'autres des manteaux noirs… Même si D-ieu est Un et que la Tora est une, le moins que nous puissions dire est que la diversité se porte bien au sein du peuple d'Israël. Pour quelle raison ?

La question serait tout au plus intéressante s'il ne s'agissait de quelque chose de plus grave. Combien de fois sommes-nous tentés de penser que les autorités rabbiniques feraient bien de savoir où elles en sont pour nous guider. À droite ou à gauche, devant ou derrière, en fin de compte nous ne savons plus où aller et nous commençons à douter de la réelle valeur de nos guides spirituels. Ceci est exactement ce que désire le yetser hara' (le mauvais penchant).

Rien n'est anodin

Dans la vie, les coïncidences n'existent pas. La chance – ou son absence – le hasard ne sont pas de ce monde. Là où nous croyons les voir, nous repoussons D-ieu au-delà des limites de notre monde, que D-ieu nous préserve. Ainsi, lorsque nous remettons en cause le savoir de nos dirigeants, nous jouons le jeu du mauvais penchant. Croire que ces idées nous viennent à l'esprit d'une façon naturelle est enfantin et fait preuve de notre part d'une méconnaissance complète du monde dans lequel nous vivons.

La question n'en reste pas moins valable : dans la mesure où D-ieu est Un et la Tora une, pour quelle raison autant de différences d'opinion ? Pourquoi ne pourrait-on pas recevoir une vision claire et dénuée de doutes sur le chemin que nous devons emprunter pour nous rapprocher du Maître du monde ?

La réponse à cette question est double. La première raison est le prix à payer de notre exil. Ne déplaise à certains, la fin de l'exil n'est pas encore arrivée et c'est chaque jour que nous payons le prix de sa durée interminable. La deuxième raison est la volonté de D-ieu de nous tester et de mettre à l'épreuve notre résolution de suivre Ses commandements.

Si nous parvenons à comprendre ce qui suit, nous aurons accompli un grand pas dans la bonne direction du respect d'une mitswa importante : notre foi en nos Sages (émounath 'hakhamim) et d'un principe fondamentale dans notre relation avec Hachem : l'émouna (la foi).

La foi en nos Sages (émounath 'hakhamim)

La foi que nous plaçons en nos Sages n'est pas toujours une mitswa facile à respecter. Avant tout, il nous faut préciser que “nos Sages” fait référence à tous les Sages du peuple juif. Cela peut sembler évident, mais de nombreuses personnes croient que l'expression “nos Sages” fait référence à ceux qu'elles suivent généralement dans le domaine de la halakha (loi juive). Selon ces personnes, un Rav achkénaze – si elles sont séfarades – ne fait pas partie de leurs Sages.