Le désir de manger



Je dis souvent aux personnes de mon entourage que je suis une personne grosse qui est coincée dans le corps d'une personne maigre. De fait, même si je suis d'apparence mince, à l'intérieur de moi, je sens un appétit vorace pour tout ce qui se mange et je prends un grand plaisir à simplement manger.

Essayer de contrôler mon désir de manger est une activité que je mène depuis plusieurs années. Chaque fois que je parviens à dominer ce désir, il reprend de la force et revient de plus belle… uniquement pour me montrer sa force et ma faiblesse.

Au moment où je sens que mon appétit semble être rassasié, mon yetser hara' (mauvais penchant) me pousse à manger plus. Souvent, il me convainc même de prendre un dessert ! Certes, je fais de l'exercice physique : je cours un minimum de trois fois par semaine sur un tapis de marche. Cependant, j'ai l'impression que je cours pour pouvoir manger plus, sans prendre de poids. Je cours pour pouvoir me régaler de cette pizza alléchante, de ce sandwich aux merguez ou pour ce banana split !

Un projet détaillé

Afin de mener une contre-offensive qui soit couronnée de succès contre mon yetser hara', j'ai décidé que je devais adhérer – les jours de semaine – à un régime strict composé de trois volets :

1) Ne jamais aborder le sujet de la nourriture dans mes conversations.

2) Manger uniquement en position assise.

3) Finir chaque repas avec un désir de prendre une bouchée supplémentaire et laisser un peu de nourriture dans mon assiette.

Afin de m'assurer que mon projet avait un minimum de bon sens, je décidai de téléphoner au Rav de Sudilkov. Le Rav me demanda d'abord de définir le concept de “taavath akhila” (le désir de manger). Il me demanda ensuite un certain nombre de questions détaillées et – entre autres – la raison pour laquelle je pensais que c'était ce désir en particulier sur lequel je devais travailler. Après avoir entendu mes réponses, le Rav conclut que je me jugeais trop sévèrement. Le Rav me demanda ensuite de le rappeler au téléphone le lendemain, afin de lui laisser le temps de réfléchir à la meilleure façon d'agir en ce qui me concernait.

Comme prévu, je téléphonai au Rav le lendemain et lui fit part des trois aspects de mon régime que j'avais développés. Le Rav était très content d'entendre mes suggestions et il m'encouragea à les suivre d'une façon scrupuleuse. Ensuite, il en ajouta trois autres :

1) Je devais manger la nourriture telle qu'on me la présentait, peu importe son goût et si je l'aurais préféré autrement.

2) Reposer la fourchette entre chaque bouchée.

3) Ne jamais baisser ma tête en direction de la nourriture ; plutôt, je devais m'asseoir bien droit et amener la nourriture au niveau de ma bouche.

De ces six différents aspects, je continue de penser que les trois proposés par le Rav sont les plus difficiles à respecter. En toute honnêteté, je ne peux pas dire que j'ai rencontré beaucoup de succès avec les aspects numéro 2 et 3 du Rav. Pourtant, je continue à essayer de les suivre du mieux que je peux, le plus souvent que je peux.

Dans tous les cas, je reconnais que de prendre l'habitude de finir mon repas tandis que je désire encore déguster quelques bouchées a réduit d'une façon considérable ma taavath akhila. Je ne manquerai pas de vous faire part de mes progrès dans la façon dont je mange et de ma volonté de réellement manger – un jour – en sainteté (akhila déqédoucha).