Savoir prier

Savoir prier

Lorsque je pense à l'importance des prières dans notre vie, je suis surpris du peu de place que celles-ci tiennent, le plus souvent, dans nos esprits. Même pour les personnes qui remplissent leurs obligations quotidiennes – trois prières chaque jour pour les hommes et deux pour les femmes – il faut admettre que nous ne pensons pas aux prières comme étant les moments les plus importants de nos journées.

Nous avons des excuses. Nous sommes tellement éloignés-es de la vérité dans notre relation avec D-ieu que nous ressemblons à une personne dans la nuit et qui essaie d'avancer à tâtons. Nous ne sentons pas l'importance de parler à Hachem et lorsque nous le faisons, nous ne savons pas comment nous adresser à Lui.

Un peu d'ordre

Nos Sages nous ont appris qu'une prière doit être composée de deux parties : dans la première, nous formulons des louanges à D-ieu et nous Le remercions pour Sa grandeur, Sa bonté, Sa générosité…

Dans la seconde partie, nous exprimons nos besoins : les grands et les petits. Sachant qu'Hachem nous a créés-es pour que nous nous adressions à Lui, il ne faut pas se sentir gênés-es par le nombre important de nos demandes (le plus nous demandons, le plus nous prions !), ni par l'aspect quelques fois insignifiant de nos besoins : une paire de chaussures, un bouton de manteau (il ne faut jamais oublier qu'absolument tout vient du Ciel et conséquemment, justifie une demande de notre part.)

Il existe une question qui n'est pas toujours facile à trancher : faut-il prier en faisant référence à nos efforts pour servir Hachem ou demander au Maître du monde de nous accorder ce dont nos avons besoin comme on donne un cadeau : gratuitement.

En d'autres termes, si nous prions pour la parnassa (obtenir des revenus décents), nous comprenons bien que nous devons essayer de trouver un emploi, faire notre maximum pour être attrayants-es sur le marché du travail, etc. Que signifieraient nos prières si nous ne déployions pas le maximum d'énergie pour rencontrer le succès dans nos démarches ?

En même temps que ces démarches, nous devons réaliser que l'essentiel réside dans les sphères célestes et qu'en fin de compte, c'est Hachem Lui-même qui nous fera obtenir l'emploi qu'Il désire. Cependant, lorsque nous Le prions pour obtenir le poste dont nous rêvons, devons-nous mentionner les efforts que nous faisons comme preuve de bonne volonté de notre part ? “Maître du monde ! Je sais que mes efforts sont maigres et que leur valeurs est nulle. Cependant, je Te demande d'en tenir compte et d'accéder à ma demande pour que je puisse trouver rapidement un emploi.”

L'autre type de prière, serait celle où nous demandons le même emploi, mais sans faire référence à nos efforts. “Maître du monde ! Rien dans mon comportement ne justifie que Tu doives m'accorder l'emploi que je convoite. Cependant, à l'image de l'enfant qui demande un cadeau à son père, je Te demande de m'en faire un : entièrement gratuit et sans tenir compte de mes actions. S'il te plaît, accorde-moi un emploi !”

La réponse à cette interrogation est simple : il faut parler à Hachem comme nous l'avons fait ici. Il faut Lui faire part de notre interrogation et de l'obscurité dans laquelle nous nous trouvons pour nous adresser à Lui d'une façon adéquate. C'est en avouant notre ignorance que nous nous approchons souvent le plus de D-ieu.