Le silence ? Pas toujours !

Le silence ? Pas toujours !

David-Yits'haq,

Dans un article paru le 22 juin (“La beauté du silence”), il était écrit que face aux insultes, notre silence est la réparation d’une erreur que nous aurions commise. Je ne suis pas de cet avis. Au vu du peu d’érudition que j’ai, je n’ai cependant pas noté dans la littérature biblique un tiqoun par le silence.

Il y a d’autres façons pour réparer nos erreurs : la tsédaqa, la prière, le jeûne, etc. En revanche, le silence est très recommandé pour d’autres vertus, comme l’expliquent nos sages :

En ce qui concerne la jalousie (Psaumes 37:7) : “Garde le silence devant l'Éternel, et espère en Lui ; ne t'irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, contre l'homme qui vient à bout de ses mauvais desseins.” Pour une forme de sagesse (Pirqé Avoth 3.17) : “Le silence est le bouclier de la sagesse.”

En revanche, le silence peut être difficile à appréhender et représenter un piège (Proverbes 17:28) : “Même le sot, s'il sait se taire, passe pour un sage” et “Le silence équivaut à un aveu” (Yévamoth 87 b) (i.e. “qui ne dit rien consent”).

Dans les rues de Paris

En guise d'exemple, je vous propose une scène de vie :

Je me suis engouffré avec mon scooter dans cette rue à sens unique, la voie était libre. Ha, tiens la voiture de devant ralentis, ha, elle met son clignotant, elle s’arrête. Je stoppe donc, j’attends. À gauche, une camionnette me bouche le passage, je ne peux pas me dégager.

Quand même, cette voiture devant, si elle avait collé un peu plus la file de voiture en stationnement, bah cette voiture m’aurait laissé largement la place.

Et on attend, on attend. Que se passe t-il ? Je klaxonne ? Je rouspète ?

Non, tais-toi, c’est une épreuve pour toi … “D’ailleurs, tu l’as lu il n’y a pas si longtemps dans un texte qui t’a été envoyé, alors attends.”

La voiture de devant avance, pour se positionner à coté de celle en stationnement qui avait le moteur qui commençait à tourner. Alors j’avance … et j’attends derrière le voiture de devant qui finit brusquement par faire marche arrière … et me cogne, me fait perdre l’équilibre, je me renverse sur la camionnette en stationnement … Ah, si j’avais manifesté initialement ma présence ou mon léger agacement, la voiture de devant m’aurait remarqué avant de faire arrière …

Alors en finissant par me redresser, je crie au conducteur : “Déjà que tu ne te ranges pas un peu plus sur la droite, voilà maintenant que tu recules sans regarder derrière ! Fais donc attention !”

Au final, suis-je si fier de moi : 1) pourquoi ai-je crié ? 2) pourquoi ai-je tutoyé cet individu ? J’ai commis des abus, excédé par ma colère, certes. Mais me taire ne m’aurait pas donné raison en tous cas, non ?

Yossef Muller