Être 'hassid breslev : c'est quoi ?


On me pose souvent la question suivante : “Être 'hassid breslev, cela signifie quoi ?” Il est entendu qu'un 'hassid suit les halakhoth (lois juives) telles qu'elles ont été définies par le Choul'han 'Aroukh. C'est ce texte qui est la référence de la plupart des juifs religieux de notre époque. Même si son interprétation peut changer d'un courant religieux à l'autre, c'est le Choul'han 'Aroukh que nous consultons tous lorsque nous avons un doute sur la validité d'une certaine action que nous voulons entreprendre.

La vérité est que la majorité des juifs qui suivent le Choul'han 'Aroukh n'est pas 'hassidique. Leur tradition vient plutôt du courant lituanien ; de fait, c'est en Lituanie que les masses juives habitaient depuis le 13ième siècle et ce, jusqu'à la Shoah. Les 'hassidiques viennent plutôt d'un pays voisin : l'Ukraine. C'est dans ce pays que le 'hassidisme a été fondé, par Rabbi Israël ben Eliezez, plus connu sous le nom du Ba'al Chem Tov.

En hébreu le mot “'hassid” signifie être pieux ; sa racine vient du mot “'hessed” qui signifie “amour.” Ainsi, être 'hassid, c'est mettre la piété et l'amour des autres au centre de notre vie.

Un seul amour : D-ieu

Au-delà des grands principes, que signifie exactement “être pieux” ? Il y a une différence importante entre le juif qui suit les lois juives et la personne pieuse. Un exemple simple permet de saisir la nature de cette différence : le juif religieux sait qu'avant de manger un aliment, il doit prononcer une bénédiction. Ainsi, il pensera chaque fois à formuler la bénédiction avant de manger. De la sorte, il se sera acquitté de son obligation religieuse. Selon cette approche, la bénédiction représente une clé qui permet de rendre autorisée la consommation d'un aliment spécifique.

Le 'hassid d'autre part, considère la bénédiction comme un moment important en tant que tel. Il perçoit celle-ci comme l'occasion de parler à Hachem et de lier un acte simple de la vie – la consommation d'un aliment – à la Sainteté. Selon le 'hassid, manger devient ainsi un acte religieux qui le rapproche de D-ieu.

Au premier abord, la différence entre les deux approches peut ne pas sembler très importante. Pourtant, elle représente deux conceptions différentes de la vie. Selon la première approche, avant de faire quelque chose, il faut s'assurer que cela soit autorisé ; selon la deuxième, on se sert de ce qu'on doit faire pour se lier à D-ieu.

C'est sans doute pour cela que la racine du mot “'hassid” est importante. Le mot “'hessed“ voulant dire amour, on envoie le message suivant à Hachem : on L'aime d'un amour puissant et on désire qu'Il devienne notre intérêt principal – voire unique – dans notre vie. D-ieu n'est pas une autorité que l'on respecte avant de faire une action spécifique, mais notre Créateur que nous aimons et dans lequel nous souhaitons être inclus à chaque instant de nos journées.

Vient s'ajouter à cela la 'hassidouth breslev. Il y a plusieurs façon de définir l'apport important de Rabbi Na'hman dans notre relation avec le Divin. S'il fallait citer la plus importante, je dirais sans hésiter que c'est de nous avoir donné tous les outils nécessaires pour faciliter notre rapprochement avec Hachem. En d'autres termes, Rabbi Na'hman nous a facilité au plus haut point le passage de la théorie à la pratique.

Les outils favoris de Rabbi Na'hman sont connus : la joie et le bonheur de vivre, dans toutes les circonstances et hitbodédouth, la prière quotidienne d'une heure au moins et faite dans notre langue natale. Les personnes qui s'attachent à l'enseignement de Rabbi Na'hman sont assurées d'avoir un chemin vers le Divin plus simple et moins encombré de difficultés.