Désirer D-ieu (1)


“Lorsqu'une personne désire une chose en particulier, cela crée une imperfection et de l'amertume pour l'âme.” (Rabbi Na'hman de Breslev, Liqouté Moharan I, 13)

“Cher David-Yits'haq,

J'ai du mal à comprendre ce texte. Vouloir le plus beau est aussi une forme de respect que nous montrons à Hachem. Une belle table pour les fêtes, des beaux vêtements... Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant cela je me sens gênée.

Je ne comprends pas cette notion d'éloignement alors qu'on sait que même pour le Temple ou pour le Roi David, tout était noble et en or.

Bonne journée.” (Patricia B. de France)

Madame,

Nous pensons souvent que l'être humain est formé de deux parties distinctes : la partie spirituelle – représentée par l'âme – et la partie physique, représentée par le corps. Cela n'est pas tout à fait exact. Plutôt, l'être humain est âme et autour de cette âme, Hachem a choisi de mettre un corps. Ainsi, nous ne devons pas oublier qu'idéalement, c'est à notre âme que nous devons nous lier et pas à notre corps.

Les plaisirs de l'âme sont simples : se rapprocher de D-ieu, le plus possible. Pour l'âme, le physique n'existe pas et les seuls plaisirs sont les prières, les louanges faites à Hachem… Tout ce qui fait ce monde-ci est étranger à l'âme : elle n'a point besoin de manger, de boire, de dormir, de vêtements…

Il en va différemment avec le corps. Celui-ci se plaît dans la bonne chair et les plaisirs de la table. Les beaux apparats lui sont plaisants, comme le sont tous les autres plaisirs liés à ce monde. Tous les excès que l'être humain commet s'expliquent par sa soumission à son propre corps. Il est inutile de dire que selon le corps, les plaisirs spirituels sont une pure perte de temps et il fait tout pour les combattre (nous sommes soudainement fatigués-es pour nous rendre à la synagogue ; un aliment non kacher nous attire par son odeur alléchante…)

L'âme désire seulement D-ieu

Nous comprenons maintenant que les plaisirs que nous ressentons sont de deux ordres : spirituels ou physiques. Les premiers nous rapprochent d'Hachem, tandis que les seconds nous en éloignent.

Une personne peut avoir prié avec ferveur et sentir en son fort intérieur un certain plaisir d'avoir pu prier de la sorte. Une autre se sentira bien d'avoir récité la totalité du livre des Psaumes…. Dans tous ces cas, le plaisir que la personne ressent est lié à son âme, ce qui l'aide à la faire avancer vers le Divin.

Cependant, la satisfaction d'avoir mangé un bon plat, de posséder un nouveau canapé ou une nouvelle voiture sont des sentiments qui ne nous rapprochent pas d'Hachem et – si nous n'y prenons pas garde – peuvent nous en éloigner.