Réciter les Téhilim (Psaumes)

Le livre des Téhilim (Psaumes)

Extrait de “Lois et Coutumes dans le 'Hassidisme” d'Aaron Wertheim.

Le livre des Téhilim (Psaumes) ne fut jamais admis comme une seule unité dont la récitation serait obligatoire ou une ségoula (i.e. un moyen efficace pour atteindre un certain objectif). C'est seulement vers la fin du Moyen Âge que nous trouvons les premières références – au nom de R' Avigdor de Ratisbonne et Rabbénou Ephraïm – au livre des Téhilim et à sa récitation entière comme une ségoula.

Des différentes sources rassemblées sur la ségoula particulière du livre des Psaumes comme moyen de se protéger des anges destructeurs, il semble que son importance accrut considérablement parmi les personnes sous l'influence des kabbalistes. De fait, sa valeur était très élevée chez les derniers kabbalistes de l'école du Ari.

Ce sont eux qui instituèrent la récitation des Téhilim pendant la nuit de la fête de Hachana Raba. Ils composèrent même une prière “Yéhi Ratson” que l'on peut réciter – toute l'année – après avoir terminé la récitation d'un des cinq livres qui composent les Psaumes. Pour la fête de Hochana Raba, il existe des versions spéciales de prières qui doivent être récitées à la fin de chaque livre.

Grâce aux kabbalistes, le livre des Téhilim devint précieux et adoré par tout le peuple [juif]. À chaque occasion où une difficulté ou des problèmes graves touchent une communauté ou une personne, chaque individu déverse la douleur qui se trouve dans son cœur en lisant ce livre. En les Psaumes, le peuple juif a trouvé la consolation, la force, la foi et l'espoir.

Par conséquent, il n'est pas surprenant qu'avec la croissance du 'hassidisme – qui marche sur les pas de la kabbale – l'importance accordée aux Psaumes devint de plus en plus élevée et que les 'hassidiques considèrent la lecture des Téhilim comme quelque chose de très important. Cependant, on aurait tort d'expliquer la source de cette nouvel enthousiasme pour les Téhilim en citant seulement l'influence de la kabbale chez les 'hassidiques.

Tout le monde peut y arriver

Le 'hassidisme essaie d'élever l'esprit et le moral du juif simple en lui faisant comprendre qu'il est l'égal du “lamdan” – en valeur et en statut – et que chaque personne juive peut être un “Juste” et même plus qu'un Juste, que le lamdan, aussi longtemps que ce qu'elle fait l'est au nom du Ciel. Nos Sages ont dit qu'il n'existe rien de mieux que le livre des Téhilim pour atteindre cet objectif. De fait, le Roi David a demandé que chaque personne qui récite son livre reçoive la même récompense que celles qui étudient Néga'im ou 'Ohaloth. Si cela est le cas, le juif simple qui récite les Téhilim possède la même valeur que celui qui étudie ces passages difficiles du Talmud.

Certains Tsadiqim qui récitaient tout le livre des Téhilim chaque semaine, tandis que d'autres le terminaient deux fois chaque semaine : une fois entre le dimanche et le vendredi et une seconde fois le Chabath. Ils faisaient particulièrement attention à réciter lesTéhilim pendant le mois juif d'eloul [août-septembre], pendant les dix jours du Repentir [les jours entre Roch Hachana – le jour de l'an juif – et Yom Kipour – le jour du Grand Pardon], la nuit de Yom Kipour et celle de Hochana Raba (septième et dernier jour de la fête de Soukoth).

Selon la tradition des 'hassidiques, le Ba'al Chem Tov institua un ensemble spécial de chapitres de Téhilim qui doivent être récités la veille de Roch Hachana, sur la tombe des Tsadiqim. Ces chapitres sont les suivants : 4, 7, 11, 12, 13, 22, 23, 24, 38, 39, 40, 42, 43, 51, 86, 90, 91, 102, 103, 141 et 142. Ensuite, il faut réciter dans le chapitre 119 des Psaumes (dont les versets commencent avec les lettres de l'alphabet hébreu, huit versets pour chaque lettre) les versets qui épellent notre nom (par exemple, une personne dont le nom est Avraham doit réciter les versets qui commencent par les lettres alef, beith, rech, , mem) et ensuite, les versets qui épellent Shadaï K'ra Satan.

Les grands maîtres 'hassidiques avaient également l'habitude de réciter les Téhilim pour se repentir de différents péchés. Il y a de nombreuses histoires dans la littérature 'hassidique qui parlent des Psaumes et de leur pouvoir de faire pardonner les péchés. Ces histoires se trouvent dans la littérature (non-légale) de l'Agada du mouvement 'hassidique, mais également dans sa littérature (légale) halakhique.

Un Tsadiq réputé répondit un jour à une question d'un “mohel (personne qui réalise la circoncision) dont un enfant qu'il venait de circoncire venait de mourir et qui craignait d'avoir été négligent en circoncisant l'enfant tandis qu'il avait la jaunisse” ; peut-être, aurait-il dû “retarder la circoncision et attendre que le sang de l'enfant redevienne normal.” Le mohel demandait ce qu'il pouvait maintenant faire pour se repentir d'avoir tué l'enfant par négligence.

Le Tsadiq répondit [Chéloth ouTéchouvoth 'Hechiv Moché, Yoré Dé'a 49] que le mohel devait jeûner quarante jours sur une certaine période de jours et qu'à chaque jour de jeûne, il devait réciter doucement le livre des Téhilim, du début jusqu'à la fin. De plus, chaque année – au jour d'anniversaire de la mort de l'enfant – il devait réciter tout le livre des Psaumes et étudier des Michnayoth, en mémoire de l'enfant. Selon le Tsadiq, il était évident l'enfant avait eu besoin d'un tiqoun d'un guilgoul (réincarnation) précédent.

Si le mohel acceptait cela, son péché serait pardonné. Il devait également à compter de ce jour, examiner chaque enfant la veille de la circoncision.


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