La beauté du silence

La beauté du silence

Nous n'avons pas été créés-es pour fauter. À chaque transgression que nous commettons – que D-ieu nous préserve – nous perdons en quelque sorte notre statut d'être humain. Cela n'est pas difficile à comprendre : si D-ieu nous a créés-es pour Le servir, en bafouant Sa volonté, nous ne pouvons plus prétendre à tenir notre rang. C'est pour cela que lorsque nous fautons – que D-ieu nous préserve – nous ne sommes plus considérés-es comme homme ou femme, mais comme de simples animaux.

La différence entre l'être humain et l'animal est celle du discours. A-t-on déjà entendu parler un poisson ou un chat ? C'est l'usage de la parole qui nous rend unique et qui est donc notre caractéristique principale.

Après la faute, nous devons nous repentir, le plus vite possible de préférence. Afin de nous aider dans ce retour vers le Divin, Hachem met de l'avant notre caractéristique unique – la parole – afin de nous permettre d'utiliser ce trait spécifique pour nous rapprocher de Lui.

Retrouver ce qui a été perdu

Le repentir doit nous permettre de quitter notre statut nouvellement acquis d'animal, pour retrouver celui d'être humain. Dans la mesure où l'animal est caractérisé par son absence de la parole, c'est celle-ci qui détient le pouvoir de nous faire opérer ce changement salutaire.

Ainsi, D-ieu nous met dans une situation où nous avons toutes les bonnes raisons de prononcer des paroles bien senties : celles où l'on nous fait ressentir un sentiment de gêne, celles où nous sommes insultés-es… Notre tiqoun (réparation spirituelle) consiste alors à rester silencieux-ses et à ne pas rétorquer aux paroles déplacées dont nous sommes les victimes.

Il est certain que la personne qui nous fait subir ce mauvais moment aura des comptes à régler avec le Ciel. Cela la concerne. Pour notre part, nous nous contenterons d'apprécier la réparation immense que nous pouvons acquérir en restant silencieux-ses : le pardon de nos nombreux péchés.

Nous avons amené nous-mêmes cette forme de repentir sur notre propre personne. En fautant, nous sommes devenus-es des animaux. À l'image d'une bête, nous avons perdu l'usage de la parole. Nous sommes donc punis-es par elle et nous devons rester silencieux-ses face aux situations délicates, ou aux injures reçues.

De la sorte, ce qui a été abîmé par notre faute et qui nous avait fait descendre au niveau de l'animal – qui est dépourvu de la parole – nous permet d'obtenir réparation et de redevenir un être humain.

Certes, nous ne devons pas chercher les situations délicates, ni les insultes. Cependant, lorsqu'elles se produisent, nous ne devons pas perdre de vue que la personne qui nous insulte nous rend un grand service… à ses dépends.

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, Yoré Dé'a, Hilkhoth Che'hita, halakha 1)