L'émouna - la foi : une définition (4)


Nous avons abordé précédemment trois aspects importants de l'émouna (la foi) : D-ieu, la Tora et les Tsadiqim (Sages). Dans cet article, nous abordons le quatrième – et dernier – aspect fondamental de notre relation avec Hachem : l'émouna en soi.

Croire en soi – d'une façon sainte – est très différent de l'orgueil, de la fierté et d'autres sentiments dont il faut se sauver. De fait, croire en soi en sainteté signifie – avant tout – prendre conscience de l'importance que nous possédons aux yeux du Créateur. En l'absence de cette certitude, c'est notre Service divin tout entier qui devient difficile, pénible et jonché de déceptions.

D-ieu aime chacune de Ses créatures, un peu à l'image d'un père qui aime à la folie chacun de ses enfants. L'amour n'est pas divisible : que nous soyons peu ou nombreux – quelques dizaines ou quelques millions – nous devons être assurés-es qu'Hachem a créé le monde pour nous, et rien que pour nous.

C'est cet amour de D-ieu qui nous permet d'avoir un lien direct avec Lui et, en fin de compte, Le connaître. Même si l'idée de connaître le Maître du monde peut sembler un concept abstrait, chaque individu possède la capacité d'atteindre cette connaissance. À l'aide de notre étude et de nos prières, nous découvrirons lentement ce qu'Hachem attend de nous, ce qu'Il désire que nous fassions. Lorsque nous réalisons une action spécifique – peu importe laquelle – si nous sommes persuadés-es que telle est la Volonté divine, ce sont les nuages que nous pouvons atteindre ! Inutile d'être un grand érudit ou le Rav d'une communauté pour cela : nous pouvons tous-tes atteindre les sommets.

Moi aussi je peux !

Les forces du mal désirent nous faire croire que nous ne valons pas grand-chose. Si nous pensons : “Mes prières ? Quel gâchis ; je n'arrive même pas à me concentrer quelques minutes !” ; “Mon étude ? Je ne comprends pas beaucoup et à vrai dire, je préfèrerais me trouver à la plage.” Etc. Ce mode de pensée n'est pas le nôtre, mais celui des forces de la mort.

Chaque pensée positive qui me rapproche de D-ieu m'est inspirée par mon bon penchant. Plutôt que de me rabaisser, je dois penser et me convaincre de la sorte : “Mes prières ? Pendant que le monde entier fait je ne sais quelles bêtises, cela relève du miracle d'avoir pu tenir mon livre de prières pendant quinze minutes !” ; “Mon étude ? Peu importe si j'ai compris ou pas : n'est ce pas D-ieu qui m'a donné une intelligence limitée ? Il a certainement Ses raisons ; quant à moi, quel plaisir de m'être assis-e pendant une heure pour apprendre les Paroles divines.” Etc.

Notre émouna en nous doit être intouchable. Peu importe ce qui nous arrive – les relations que nous entretenons avec notre conjoint-e, les difficultés que nous avons à élever nos enfants, les soucis au bureau… – nous devons être joyeux-ses des efforts que nous faisons pour nous rapprocher d'Hachem.

Notre quête spirituelle est à notre mesure. Rien ne sert de se comparer à une autre personne : nous ne sommes pas elle ! “Peu m'importe qu'elle ait appris trois pages de Guémara, tandis que j'en ai appris la moitié d'une. J'ai mis toute l'énergie que je pouvais, cela est l'essentiel.”

En conclusion, disons qu'il est du devoir de chaque personne d'avoir la foi que le potentiel que D-ieu nous a donné à la naissance correspond exactement à ce dont nous avons besoin. Tout ce que nous avons à faire est d'utiliser ce potentiel au mieux de nos forces. Cela est tout un programme, mais cela est notre vie !