Guerres de religion ? (2)

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“Cher David-Yits'haq,

Je trouve que la plupart des religions imposent une morale étroite qui peut rendre violent ou frustré et empêche de voir la vie en face. Les vrais problèmes d'aujourd'hui : surpopulation mondiale et disparition de la nature n'y sont guère traités. D'autre part, je suis persuadé que le monde et la terre sont vieux de plusieurs milliards d'années, ce qui n'est guère le cas selon la Bible. Enfin, vous devez admettre que tous les conflits actuels sont de nature religieuse. Ne trouvez-vous pas tout cela suffisant pour ne pas être religieux ?” (F.R. de France)

La quatrième partie de ma réponse peut être lue en cliquant ici.

Cher F.R.

Vous faites le lien dans votre lettre entre les religions et les conflits actuels. Dans ma réponse précédente, j'ai relevé qu'en réalité, les violences d'aujourd'hui liées à la religion sont la plupart du temps liées à l'islam. Je ne pense pas qu'il soit possible d'accorder à l'Église de Rome un rôle significatif dans les affaires mondiales.

Et le judaïsme dans tout cela ?

Je suis toujours surpris lorsque je constate que de nombreuses personnes mêlent la religion au conflit israélo-palestinien. Nous savons tous que les gouvernements israéliens n'ont jamais été composés de personnes religieuses (à l'exception d'une ou d'eux le plus souvent) et que les dirigeants politiques israéliens ne prennent pas conseil auprès des autorités religieuses dans la conduite des affaires du pays.

De plus, en ayant une connaissance – même minime – du mouvement politique sioniste, il est évident que la religion n'y a pratiquement jamais eu sa place dans toute son histoire. Ainsi, vous comprendrez mon étonnement lorsqu'on classe ce conflit dans ceux d'ordre religieux.

J'entends déjà votre question : “N'y a-t-il pas des sionistes religieux en Israël ? Qui étaient les personnes qui habitaient dans la bande de Gaza ?” Certes, ces personnes existent bel et bien, mais quel est leur poids réel dans la société israélienne – et dans la conduite des affaires du pays – pour qu'on leur accorde tant de place ?

Imaginons qu'un étudiant de science politique cherche à obtenir une image fidèle d'une société en particulier. Étudier la composition du parlement de ce pays serait certainement une bonne chose. Pour autant, que lui dirions-nous s'il présentait un parti politique détenant 6% des sièges comme un facteur déterminant de la société en question ?

J'entends encore votre réaction : “N'y a-t-il pas des 'hommes en noir' en Israël ? Tous ces ultra orthodoxes n'ont-ils pas de poids au sein du pays où ils vivent ?” Ici se situe l'ironie qui ne manque pas de me faire souvent sourire : ce sont précisément ces “hommes en noir” que la classe politique israélienne décrit pour son manque de patriotisme, de conviction sioniste… ! Ainsi, les mêmes personnes que vous incluez dans celles qui vous permettent de classifier ce conflit comme religieux sont dénoncées en Israël pour ne pas s'y s'intéresser suffisamment !

Cette particularité s'explique très bien pour les personnes qui connaissent le judaïsme. Dit simplement : les “hommes en noir” attendent l'annonce d'un monde meilleur avec l'arrivée du Messie. En attendant, peu leur importe que le gouvernement du pays où ils résident soit juif, musulman, chrétien ou bouddhiste. Tous ceux qui prétendent le contraire méconnaissent lourdement les enseignements de la Tora et de ses Sages.