Fêter son anniversaire ?

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Pour toutes les personnes qui ont été élevées d'une façon peu ou pas religieuse, les chances sont grandes pour que le jour de leur anniversaire soit fêté avec repas, cadeaux…

Pourtant, cette coutume n'est pas particulièrement répandue chez la majorité des juifs religieux. La question se pose ainsi : pourquoi l'anniversaire n'est-il pas célébré ? De plus, que doivent faire les personnes qui sont devenues religieuses – notamment celles qui se sont rapprochées du mouvement breslev – et qui ont certainement l'habitude de fêter leur anniversaire ?

Fêter son anniversaire ? Bien sûr !

Même si l'immense majorité des juifs religieux ne célèbrent pas leur anniversaire, il existe une exception importante : les juifs 'hassidiques 'Habad (Loubavitch). Selon le Sefer HaMinhaguim : le jour de son anniversaire, un homme doit être appelé à la Tora (obtenir une 'aliya), donner la tsédaqa (charité) et étudier une session supplémentaire de Talmud ou halakha, sans oublier la 'hassidouth.

Comme on le voit, chez les 'Habad, l'anniversaire est fêté, mais c'est l'aspect spirituel qui est privilégié. De fait, aucun cadeau n'est donné et il est même de la responsabilité de l'homme qui fête son anniversaire d'organiser un repas chez lui afin de recevoir ses amis qui lui accorderont chacun une bénédiction.

Enfin, cette journée spéciale doit également être l'occasion de “s'isoler et de se souvenir de ses actions passées afin d'y réfléchir. Cela permettra de rectifier ce qui doit l'être ou de se repentir.” Cependant – et comme nous l'avons mentionné – les 'Habad sont pratiquement les seuls à agir de la sorte.

Fêter son anniversaire ? Non merci !

La coutume est largement répandue : le jour de l'anniversaire d'une personne est un jour comme un autre. Pas de célébration particulière, pas de cadeau, pas de repas… un calme plat. Cette absence s'explique pour deux raisons principales.

Tout d'abord, chaque personne doit craindre les affres de l'enfer jusqu'ai jour de sa mort. En la matière, nous sommes tous concernés-es : personne ne peut penser à coup sûr avoir accès au monde futur. Ainsi, l'avenir sombre que nous risquons de connaître – que D-ieu nous préserve – ôte toute raison de célébrer son anniversaire.

La deuxième raison est celle d'éviter de copier les coutumes des nations du monde. Nous l'oublions souvent, mais le Maître du monde adore lorsque nous faisons quelque chose que les non juifs ne font pas (ou l'inverse). À vrai dire, il est écrit dans le Midrach qu'Hachem à fait sortir les juifs d'Égypte pour trois raisons : 1) ils ne portaient de prénoms non juifs ; 2) ils s'habillaient d'une façon différente des non juifs et 3) ils avaient conservé une langue différente (la Lachon HaQodech).

Nous savons que chez les non juifs, le jour d'anniversaire est le prétexte à une célébration importante : repas de jour de fête, cadeau substantiel (un de mes amis avait essayé d'implanter chez lui la coutume du plafond de 50 francs pour les cadeaux d'anniversaire. Inutile de dire que sa famille n'avait jamais adopté cette coutume !)…

Si nous parvenons à résister à un appel dont la source ne se trouve pas du côté de la Sainteté, nous aurons accompli un grand pas vers D-ieu. De la sorte, ne pas fêter son anniversaire est à classer parmi les grands accomplissements de l'être humain qui consistent… à ne rien faire. Si une famille a l'habitude de célébrer les anniversaires, cela peut être l'occasion d'une discussion avec son Rav sur la meilleure façon d'oublier cette habitude. Le principal est de ne pas heurter les sentiments de son conjoint.

Et les enfants dans tout cela ?


Tout cela ne doit pas faire penser à nos enfants qu'ils sont mis de côté. Nous vivons dans une société où le plus souvent, les enfants sont habitués à recevoir un cadeau le jour de leur anniversaire. Sans vouloir mettre en place d'une façon volontaire cette habitude, les familles peuvent trouver difficile de ne rien faire – et de ne rien offrir à l'enfant – ce jour-là. Dans ce cas, il est certain qu'un petit geste sera le bienvenu ; le tout consiste à conserver une certaine mesure dans la nature du cadeau offert et la joie affichée à cette occasion.

Heureuses sont les personnes qui désirent faire la Volonté divine et s'annuler face à elle. L'âme juive est précieuse, il faut faire ce qui est en notre pouvoir pour lui conserver sa spécificité.