Vivre dans la naïveté


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Après avoir expliqué l'importance de juger notre entourage d'une façon positive, Rabbi Na'hman de Breslev nous apprend que cette attitude doit également s'appliquer à nous. L'objectif est clair : vivre dans la joie et nous tenir éloignés de la tristesse.

Cette volonté d'être joyeux ne correspond pas à un sentiment de besoin de notre part. Le plus souvent, les personnes sont joyeuses… si elles le désirent. Selon Rabbi Na'hman, c'est tous les jours qu'il faut l'être ! Même lorsque nous avons toutes les bonnes raisons du monde de nous sentir abattus ou accablés, il faut être joyeux.

Nous devons savoir que notre ennemi principal est la tristesse, qui nous ôte notre force et notre envie de nous rapprocher du Divin. C'est pour cela qu'être joyeux ne doit pas être un état qui dépend de ce que nous vivons ; plutôt, il doit s'agir d'une philosophie de vie : peu importe ce qui nous arrive, nous désirons vivre joyeux. Lorsque cela est facile, nous n'aurons pas beaucoup d'efforts à faire.

Cependant, dans les situations délicates, notre résolution à garder le moral et à vivre dans la joie ne doit pas nous quitter. Cela est possible si nous cherchons les aspects positifs en nous-mêmes. Ce sont eux qui nous permettent de nous éloigne d'une façon dangereuse de penser : “Je ne fais rien de bien de ma vie !” ; “Je ne fais que des erreurs !” ; “Je suis un père (ou une mère) abominable !” ; “Je détruis mes enfants !” Etc.

Peu importe ce que nous avons fait, nous devons nous sentir obligés de chercher la moindre parcelle de bien que nous avons réalisée dans notre vie. Au-delà des erreurs que nous avons faites, ce sont ces étincelles de bien qui nous permettent d'afficher le sourire et de penser : “Après tout, je ne suis pas si terrible ! N'ai-je pas fait telle ou telle chose de bien ? N'ai-je pas aidé telle ou telle personne ? N'ai-je pas prié aujourd'hui ?” Etc.

Ne pas vivre dans la naïveté

Ce conseil de Rabbi Na'hman nous apprend une chose supplémentaire : nous ne devons pas vivre dans la naïveté et croire que notre volonté de nous rapprocher de D-ieu dépend uniquement de nous. Si nous omettons d'accorder aux forces du mal l'importance qui leur revient, nous courrons le risque de tomber – que D-ieu nous préserve – sans nous apercevoir que nous ne sommes pas les principaux fautifs de cette chute.

Ignorer la seule raison d'être de ces forces du mal – c'est-à-dire nous éloigner de D-ieu – est leur rendre un grand service. Pour quelle raison serins-nous leurs aides ? N'avons-nous pas mieux à faire que de leur ouvrir les bras ? Ne pensons-nous pas que la lutte sera sévère, même si nous rassemblons toutes nos forces ? Ainsi, pourquoi leur rendre le combat plus facile ?

Vous pourrez sans doute entendre quelqu'un vous dire : “Qui a entendu parler de ces forces du mal ? Dans quel monde vis-tu pour y croire ? Ne pourrais-tu pas commencer à vivre comme un adulte ?” Sachez que cette personne joue le rôle des forces qui désirent vous éloigner de votre racine sainte. Vous éloigner d'elle est une question de survie. Nous ne gagnons rien à fréquenter les personnes qui désirent notre mort spirituelle.