Le 'Omer : une attente d'amour (2)



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L'absence de parole est la négation de l'être

Lorsque vous êtes insultés, une absence de réaction de votre part sera sans doute considérée comme une faiblesse par votre entourage. Que nenni ! Nos pensées doivent s'attacher au Ciel plutôt qu'au plancher des vaches. Néanmoins, si vous en éprouvez un sentiment de honte, cela aussi fait partie du processus du repentir. En fait, il l'accélère.

Nos Sages est les sociologues sont rarement d'accord à propos de leurs sujets de réflexion. Cependant, il en est un où l'accord est unanime : l'être humain se distingue des animaux (ne déplaise à Brigitte Bardot) par l'usage de la parole.

C'est précisément lorsque l'être humain possède les meilleures raisons au monde de se servir de la parole – et qu'il n'ouvre pas la bouche – qu'il montre son détachement du comportement instinctif. En ne réagissant pas, nous marquons notre domaine : celui qui nous met à des années lumières de la brute humaine qui frappe sur tout ce qui s'oppose à elle (cette espèce est également fortement présente dans les gradins des stades !).

Nier notre propre existence, c'est l'offrir à D-ieu. En ne disant mot, nous révélons la Grandeur et la Royauté du Maître du monde.

Ces concepts correspondent à la période de la Séfirath Ha'Omer. S'abaisser en s'oubliant ; vouloir de toute notre force nous inclure en D-ieu ; mettre de côté notre vision étroite du monde, des gens… de notre vie entière. Ce que nous enlevons d'un côté pèse un poids colossal de l'autre. D'individu simple, nous devenons une créature de D-ieu, à l'image Duquel nous Il nous a créés.

Attendre, c'est augmenter notre plaisir

Il est certain que dire nos quatre vérités à celui qui nous a fait une queue de poisson est un acte soulageant. Cependant, à long terme, l'effet opposé est atteint : nous devenons plus tendus, énervés et à l'affût de la moindre insulte. Tout cela est-il digne d'un être créé à l'image de D-ieu ?

Les cinquante jours du 'Omer nous permettent de dire à Hachem que nous désirons nous effacer et Lui accorder la place qui Lui revient. Cinquante jours pas an, nous pouvons essayer – de toute notre force – de nous oublier. Levons notre regard, nos pensées et nos aspirations. Que nous importe le monde temporel dans lequel nous vivons ? Laissons-y s'y débattre – et se battre – les requins de toutes sortes qui ne manquent pas d'occuper notre environnement : au bureau, dans les centres commerciaux, dans les bars…

Maître du monde, accorde-moi cinquante jours de liberté avec moi-même. Je ne veux rien de ce corps que j'habite ; ce sang qui bout en moi n'est pas fait pour moi ; je Te désire, Toi seul.

Cinquante jours de vacances spirituelles. Essayez !