La Marche des vivants 2010


La Marche a été créé en 1988 par le gouvernement israélien. Le jour de Yom HaShoah se déroule la Marche des Vivants (du souvenir). Ceci est pour contraster avec les marches de la mort qui ont eu lieu vers la fin de la mondiale.

Lorsque le Troisième Reich retira ses soldats des camps de travail forcé, les prisonniers — souvent déjà affamés et accablés de travail oppressif — étaient forcés de marcher des dizaines de kilomètres dans la neige, ceux qui traînaient étant abattus.

Les participants de la Marche des vivants effectuent la marche d'Auschwitz à Birkenau, le plus grand complexe concentrationnaire.

La Marche des Vivants sert à illustrer la continuité de l'existence du judaïsme mondial en dépit des tentatives nazies de l'exterminer. La marche est un programme d’éducation invitant tous les étudiants Juifs du monde entier en Pologne.

Cette année 2010, deux jours avant la Marche, la Pologne subissait un choc. Ironie du sort le 10 avril 2010 un avion emportant le Président Polonais et des membres du gouvernement à Katyn s'écrasait, tuant tous ses occupants, dont le Président Polonais et sa femme.

La capacité d’empathie n’est pas une qualité courante. Le jour de Yom HaShoah, qui commémore l’extermination des Juifs par les nazis, les participants juifs de la Marche des Vivants brandissaient des drapeaux Israéliens portant le « deuil » d’une partie de l’élite polonaise.

Les années précédentes ont apercevait quelques rares participants polonais. Cette année, ce qui n’était pas envisageable il y a encore deux années, des groupes de jeunes Polonais participaient aux côtés des jeunes juifs à cette marche de la Tolérance.


Un des moments forts fut la minute de silence à Birkenau en mémoire des victimes du crash de Smolensk.

La manifestation dure deux semaines et est lourde pour les jeunes juifs. Le programme englobe la visite de Treblinka, Maidanek, le ghetto de Varsovie, se termine à Birkenau. Les deux semaines se terminent lors d’un voyage en Israël pour célébrer Yom hasthmaout.

Le massacre de Katyń

Le massacre de Katyń désigne le meurtre de plusieurs milliers de Polonais — essentiellement des personnalités, des officiers mais aussi des étudiants (officiers de réserve), des médecins et des membres des élites polonaises réputées hostiles à l'idéologie communiste — par la police politique de l’Union soviétique (le NKVD) au printemps 1940 dans une forêt russe près de Smolensk.

Ce fut un des crimes parmi les plus symboliques lors du partage de la Pologne entre l’Allemagne nazie et l'Union soviétique.

Le 23 août 1939, le pacte germano-soviétique est signé. L'une des clauses secrètes de ce pacte consistait justement en un partage de la Pologne entre l'Allemagne et l'URSS, partage qui suivait à peu près le tracé proposé par les occidentaux lors de la guerre de 1920 (ligne Curzon).

La Pologne est finalement envahie par les armées allemandes le 1er septembre 1939, puis par l’Armée rouge le 17 septembre 1939.

Dès le 19 septembre 1939, le commissaire du peuple aux Affaires intérieures et à la Sécurité de l’État de l’URSS, Lavrenti Beria, ordonnait au NKVD de créer un « Directorat pour les Prisonniers de Guerre », afin de prendre en charge les prisonniers polonais. Le NKVD organisa un réseau de centres de détention et de camps de transfert, puis transféra les prisonniers dans l'ouest de l'URSS.

Le 5 mars 1940, les membres du Politburo — Staline, Viatcheslav Molotov, Kliment Vorochilov et Lavrenti Beria — signèrent l’ordre d’exécution des « nationalistes et contre-révolutionnaires » polonais.

Les méthodes d’exécution avaient depuis longtemps déjà été éprouvées sur les citoyens soviétiques. Les condamnés étaient transportés en train jusqu’à la gare la plus proche puis en camion jusqu’à l'endroit de l’exécution. Les transports quotidiens étaient de moins de cent personnes. Chaque individu était ligoté séparément, puis placé sur le bord de la fosse, où on lui tirait une balle dans la nuque. Les exécutions s’effectuaient habituellement au moyen de pistolets Walther fournis par Moscou, modèle de fabrication allemande, comme les balles.

Entre le 3 avril et le 13 mai 1940, 4 404 prisonniers furent transportés de Kozielsk, dans la forêt de Katyń, près de Smolensk, située à environ 50 kilomètres de la frontière biélorusse, où ils furent abattus d’une balle dans la nuque et ensevelis dans des fosses communes.

En août 1941, donc quelques semaines seulement après le début de l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht, les troupes allemandes découvrirent dans la forêt de Katyń un premier charnier qui contenait les restes de plusieurs centaines d'officiers polonais

L'ensemble de la presse nazie exploita largement, à cette époque, la macabre découverte.

Au printemps 1943, les militaires allemands mettaient au jour plus de 4 500 corps d’officiers polonais empilés dans plusieurs fosses. Radio-Berlin rendit la découverte publique le 13 avril 1943 en accusant les Soviétiques du forfait. Deux jours après, ceux-ci nièrent leur responsabilité sur les ondes en répliquant que les nazis avaient commis ces atrocités lors de leur avance au cours de l’année 1941.

Les autorités du Reich exploitèrent intensément l'événement dans le cadre de leur propagande antisémite jusqu'à l'été 1943. « Le mot d'ordre "Katyn" recouvrit la pire campagne antisémite qu'ait connu le régime depuis son avènement » analyse l'historien allemand Peter Longerich. Pour les nazis, ce massacre était un « massacre juif ».

En retour « l'anéantissement des Juifs pour ne pas être anéantis par eux constitua le cœur de la propagande sur Katyn »

Le 7 avril, les premiers ministres polonais, Donald Tusk, et russe, Vladimir Poutine, ont participé ensemble au soixante-dixième anniversaire du massacre, à Katyn.

Chantal Maas