La joie, toujours la joie (2)

La joie, toujours la joie (2)

“Cher David,

Je vous demande de m'apprendre comment devenir et rester plus spirituel que ce que je suis. Je veux aussi que vous me disiez comment reconnaître les fausses valeurs juives. Merci.


Sincèrement, E. au Royaume-Uni.”


(Pour lire la 1ière partie de la réponse, cliquez ici)

Cher E.,

Savoir reconnaître les véritables valeurs juives n'est pas une chose aisée. Nous vivons à une époque où – plus que jamais – le mensonge s'est mêlé à la vérité et il est devenu extrêmement difficile d'identifier l'un de l'autre. Ceci est la première raison pour laquelle il faut s'entourer de bons conseils, des bonnes personnes.

Vérifier la source

Lorsque nous désirons acheter une voiture, nous savons que croire le premier venu n'est pas la meilleure recette pour trouver l'oiseau rare. De fait, nous ne ménageons pas les efforts pour prendre le maximum de précautions possibles : un journal d'annonces réputé, un garage à bonne réputation, un contrôle technique… Toutes ces mesures sont logiques : nous vivons dans un monde rempli d'escrocs et bien naïf est celui qui croit en sa bonne étoile sans lever le petit doigt.

Dans le domaine spirituel, il en va de même. Les noms sont nombreux des personnes qui offrent leurs services – le plus souvent payants – pour nous aider à trouver le bon chemin. De la “kabbale de Madonna” à la “sexualité dans le mysticisme juif”, j'ai souvent l'impression de me promener dans un supermarché Carrefour de la religion où l'on se moque de moi.

Pourtant, les personnes sérieuses existent et – elles aussi – peuvent demander à être payées. Vous viendrait-il à l'idée de demander à votre garagiste de travailler gratuitement ? Ce qui est valable pour la mécanique automobile l'est aussi pour notre âme. Une personne qui a passé de nombreuses années à étudier et qui donne maintenant de son temps à venir en aide aux autres doit être payée pour ses services. Faire croire que la gratuité est un signe d'honnêteté est une stupidité.

Ce qui est important pour différencier le vrai du faux est de vérifier la source de nos informations. Avant tout, il faut se demander si ce qu'on nous propose respecte la halakha (loi juive) ? Il est important de vouloir soigner son âme, mais en aucun cas cela peut se faire dans l'ignorance du respect des lois juives.

L'importance de la joie

Un autre aspect vital de notre recherche est la présence de la joie et du bonheur dans notre vie quotidienne. Il est important de savoir qu'on ne peut pas se rapprocher de D-ieu en l'absence de joie et d'enthousiasme. Si la personne qui vous conseille vous culpabilise de ne pas faire ceci ou cela et vous reproche un tas de choses, vous devez vous enfuir immédiatement d'un tel personnage : il est dangereux !

Après avoir écouté la leçon d'un certain Rav ou après avoir lu un texte d'un autre, vous sentez-vous rempli d'un nouvel enthousiasme ? Votre cœur ressent-il une volonté nouvelle d'aller de l'avant ? Si tel est le cas, il y a de grandes chances que la personne que vous avez écouté puisse vous aider sérieusement.

Les personnes qui m'écrivent me demandent souvent de les conseiller. Lorsque cela est possible, je suis toujours ravi de faire ce qui est en mon pouvoir. Cependant, je rappelle toujours à ces personnes deux choses importantes : 1) En aucune façon, je me considère comme un “guide spirituel” ; si mes conseils les satisfont, je le suis également. Cependant, je ne désire nullement être suivi les yeux fermés. 2) Chaque personne à qui je conseille telle ou telle chose ne doit pas s'attendre à ce que je fasse ses devoirs. S'il m'est quelques fois possible d'indiquer une direction à suivre, la démarche sera faite par l'intéressé et pas par moi. En d'autres termes, je ne propose rien de “magique” ou d'“immédiat”.

Je suis toujours enchanté de recevoir des demandes d'aide, surtout lorsque celles-ci semblent réellement venir du fond du cœur. Néanmoins, je laisse le rôle de “leader”, de “guide” et autres variétés aux personnes qui se sentent les épaules suffisamment larges pour assumer ce rôle. Ceci n'est pas mon cas.