Un nouveau président : monsieur Maurice Sosnowski

Un nouveau président : monsieur Maurice Sosnowski

A la tête du CCOJB - Comité des Orgnisations Juives de Belgique - un nouveau président a été élu : monsieur Maurice Sosnowski.

Maurice Sosnowski, 57 ans, est mdecin anesthésiste. Depuis juin 2007, il est chef du service interhospitalier d’anesthésie, au CHU Saint-Pierre et à l’Institut Jules Bordet, à Bruxelles. Au terme de sa spécialisation, à l’ULB, M. Sosnowski a effectué son service civil à l’hopital Hadassah (Université hébraïque de Jérusalem), d’octobre 1982 à août 1984. Il a siégé au Conseil d’administration de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (pro-euthanasie), de 1985 à 1988. Il est administrateur d’Iris, le réseau des hôpitaux publics bruxellois.

Interview du journal « Le Soir »

ENTRETIEN

L’associatif juif s’est doté d’un nouveau président, mardi soir. Maurice Sosnowski prend la relève de Joël Rubinfeld, à la tête du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB). Le candidat s’est imposé au premier tour, suite au désistement de Henri Benkoski, qui s’inscrivait dans la ligne Rubinfeld. Anesthésiste, M. Sosnowski a une conception tranchée de la laïcité : voici deux ans, il s’était opposé à ce qu’une infirmière portant le foulard islamique officie au bloc opératoire.

Votre prédécesseur avait l’image d’un activiste, cofondateur de l’Atlantis Institute, « think tank » néoconservateur. Ce n’est pas votre profil. Une rupture ?

Je me suis toujours présenté comme le candidat du retour à l’apaisement. J’ai été sollicité par des membres de la communauté qui estimaient qu’il fallait un homme « de l’extérieur » pour rétablir la confiance, rassembler. C’est ma ligne de conduite. Je ne suis pas un professionnel de la cause communautaire.

Et politiquement ?

Ni de gauche ni de droite. Mon parti, c’est l’humanisme de Montaigne. Cela dit, ces dernières semaines, en me plongeant dans la vie communautaire qui m’était, je l’avoue, assez étrangère, étant donné mes occupations, j’ai constaté à quel point l’antisémitisme inquiétait la communauté. Elle éprouve un sentiment d’abandon, voire une crainte physique. Je n’en étais pas conscient.


Que comptez-vous faire ?

Renouer le dialogue nécessaire avec les médias et les partis. Y compris ceux que certains considèrent comme « hostiles », parfois pour de regrettables raisons électoralistes.

Vous voulez parler de la présence croissante d’élus musulmans, à Bruxelles ?

La communauté musulmane est numériquement plus importante que la communauté juive. Qu’on le veuille ou non, on ne peut empêcher une forme d’importation du conflit israélo-palestinien. Et il arrive que cela se manifeste par des réactions antisémites.

Ce qui vous blesse…
Je suis agnostique. Mais je ne peux accepter qu’un Juif, parce qu’il porte la kippa, se fasse agresser en rue ! Je suis fils d’immigrés. Mes parents sont sortis des camps. La Belgique les a accueillis. Je ne peux croire que ce pays ait changé. Mais je ne ferme pas pour autant les yeux sur des signes inquiétants.

Par exemple ?

L’association L’Enfant caché, qui enseigne la Shoah dans les écoles, est de moins en moins sollicitée. Et quand ils vont dans certaines écoles, on leur oppose la situation en Palestine. Il est temps de reprendre un dialogue constructif avec les autorités.

Vous sentez-vous soutenu ?

Les délégués des 39 associations représentées au CCOJB m’ont élu au premier tour, par 50 voix sur 70, soit 71 %. Si je n’avais pas obtenu les 60 % requis par les statuts, je me serai retiré.

© Le Soir