Les mauvaises pensées


Avoir des mauvaises pensées n'est pas l'exclusivité des mauvaises personnes. Cela nous arrive à tous et nous devons apprendre à vivre avec elles, plutôt que les nier ou les ignorer. Une mauvaise pensée pour untel n'en est pas forcément une pour un autre. Ainsi : penser manger un aliment interdit – sans passer à l'acte – est une preuve de régression pour un Juste. D'autre part, le fait de ne pas avoir mangé cet aliment – mais d'y avoir seulement pensé – est un accomplissement de taille pour une personne qui est habituée à consommer des aliments que la halakha (loi juive) interdit.

Les mauvaises pensées ont ceci de particulier : elles surgissent dans notre esprit sans y avoir été invitées et à notre plus grande surprise. Le plus souvent, nous souhaiterions bel et bien nous en débarrasser… sans beaucoup de succès. La présence de ces pensées semble devoir nous accompagner du matin au soir, dans toutes les situations de la vie, de notre plus tendre jeunesse à notre disparition de ce monde. Ces intrusions fréquentes peuvent nous énerver, nous rendre antipathiques ou encore découragés. Dans tous les cas, notre impuissance à mener à terme la lutte est des plus frustrantes.


Ne pas lutter… pour vaincre


Le plus fort n'est pas toujours celui qui s'affiche. Ainsi, il n'est pas toujours utile d'avoir les plus gros biceps pour remporter une victoire sur un adversaire. De fait, notre intelligence représente une garantie plus efficace qu'une inscription dans une salle de fitness.

C'est justement en utilisant notre cerveau qu'il est possible de découvrir un cadeau du Ciel : l'être humain n'est capable de penser qu'à une seule chose à la fois. Ce qui peut s'avérer un handicap dans certains cas est plutôt un avantage sublime dans la vie quotidienne et notre lutte contre les mauvaises pensées.

Plutôt que de vouloir être le plus fort en montrant nos muscles, soyons les plus fins : évitons la lutte, esquivons-nous discrètement, même si notre honneur en prendra un coup. Vouloir dominer nous mènera à une seule situation : la défaite. Les mauvaises pensées reviendront à la charge, sans prévenir et aussi longtemps que notre cœur bat.

L'esquive consiste à réagir dès que nous sentons la mauvaise pensée arriver. Immédiatement, nous devons penser à quelque chose de saint : une prière, un texte d'étude, un cours entendu récemment… Peu importe ce que nous choisissons dans la mesure où nous restons dans le cadre de la sainteté. Si nous concentrons notre pensée sur un sujet lié à notre racine sainte, les mauvaises pensées s'en iront de suite.

Sans les avoir chassées et sans avoir montré les armes, les idées funestes nous éviteront. À penser spirituel à leur arrivée, nous les lasserons vite !