L'attente et le repentir : un couple inséparable



Rabbi Nathan de Breslev a écrit (Liqouté Halakhoth, Ora'h 'Haïm vol.7, Sefira, halakha 1) que les jours où nous comptons le 'Omer est une période favorable au repentir. Si nous commençons à compter le 'Omer le second jour de la fête de Pessa'h (la Pâques juive), c'est qu'il existe un lien fort entre les deux. De fait, c'est à Pessa'h qu'a commencé le processus de repentir du peuple juif. Le fait de quitter l'Égypte signifiait – pour les individus qui ont écouté l'appel – sortir des griffes des forces du mal.

Pourtant, dès la sortie d'Égypte, ce qui attendait les juifs fut l'attente : celle qui les séparait du jour où ils recevraient la Tora au Mont Sinaï. Ces jours-là correspondent aux jours du décompte du 'Omer. Pendant sept semaines, les juifs durent se purifier afin de mériter de réparer entièrement ce qui avait été détruit spirituellement.

Cette attente nous apprend que recevoir la Tora est un processus à plusieurs étapes. Recevoir la Parole de D-ieu – c'est-à-dire la faire sienne, entièrement – nécessite du temps. Avant de recevoir cette Parole, nous étions dans un état de dommages importants. Réparer ce que nous désirons exige un certain temps.

C'est pour cela que dès le premier jour de la fête de Pâques, on dit aux juifs : “Attendez ! Commencez à compter et dans cinquante jours… vous recevrez la Tora.”.

Le Ba'al Chem Tov dresse une analogie entre cette attente et un père qui apprend à son enfant à marcher. Pour commencer à faire quelques pas, le père a besoin de tenir l'enfant par la main. Ceci correspond à D-ieu qui fit sortir les juifs “de Son bras puissant”. Ensuite, dès que l'enfant commence à avancer, le père se retire, recule et laisse l'enfant se débrouiller seul.

Il en fut ainsi à Pessa'h. Si c'est bel et bien le Maître du monde qui permit aux juifs de se mettre en marche et de quitter l'Égypte, dès qu'ils en furent sortis, D-ieu “se retira” et les laissa avancer d'eux-mêmes.

Attendre le repentir

Cette leçon nous apprend qu'en voulant diriger notre cœur vers D-ieu, nous devons nous attendre à un certain délai d'attente. Cette attente sert plusieurs raisons, dont l'essentielle est sans de tester notre réelle volonté de nous racheter. C'est une chose de dire à D-ieu que nous L'aimons, c'en est une autre de le Lui répéter quelques jours plus tard.

Cela ressemble à un mari qui déclare son amour à sa femme. Si cet amour est sincère, il n'attend rien en échange et même en cas de non réponse de la part de sa femme, il lui répètera qu'il l'aime. Cependant, si l'objectif de cette déclaration est de recevoir quelque chose en échange, l'attente paraîtra interminable et elle deviendra vite inacceptable. Dans ce cas, le vernis tombera de lui-même et le vrai visage du mari se révèlera.

Cela me rappelle l'histoire d'une personne qui désirait se convertir au judaïsme. Après avoir déclaré – devant les rabbins – sa flamme pour notre religion, un délai supplémentaire et inattendu lui fit tout abandonner ! Qu'était-il arrivé de son amour d'Hachem, de Chabath ?