Devenir un 'hassid breslev (2)



“De quelle façon votre découverte de l'enseignement de Rabbi Na'hman de Breslev vous a-t-elle amenée à devenir un 'hassid breslev ?”

(Pour lire la première partie, cliquez ici)

Pendant ma première année en Israël, mon oncle perdit sa femme ; ils étaient mariés depuis presque vingt-huit années. Moins d'une année plus tard, mon (plus jeune) cousin – Moché Golshevsky – se fiança (avec la petite-fille du Rav Chmouel Horowitz, z.ts.l.). Évidemment, cela fut un évènement particulièrement joyeux pour toute la famille. Le Chabath qui précédait la cérémonie du mariage, le futur marié devait être appelé à la Tora dans la synagogue breslev de Méa She'arim [à Jérusalem].

Comme de nombreuses personnes le savent, selon Rabbi Na'hman, il est important de prier le plus tôt possible. Dans tous les cas, il ne faut surtout pas prier après l'heure du Maguen Avraham. Dans la synagogue principale breslev, il y a deux minyanim : le premier qui prie au lever du soleil, tandis que le second prie selon l'heure du Maguen Avraham. Ce vendredi soir, je participais au repas du Chabath… jusqu'à une heure avancée de la nuit. En fait, 23 heures était déjà passé et j'étais encore attablé ! De plus, se réveiller tôt ne fut jamais mon point fort.

Avec l'aide de mon réveil puissant, il m'arrive quelques fois de me lever relativement tôt le matin. Cependant, ce Chabath-là, je n'avais pas programmé mon réveil et je réalisais qu'il me restait deux possibilités : aller me coucher en étant certain de ne pas me réveiller à l'heure le lendemain matin pour l'aufruf [le Chabath 'hatan] de mon cousin ou rester éveillé toute la nuit dans la synagogue breslev afin de ne pas rater l'évènement. Je pensais qu'il me serait possible de prier avec le minyan du lever du soleil et de me reposer quelques instants pour le second minyan, celui dans lequel mon cousin devait prier.

L'idée de rester éveillé toute la nuit me permettait d'envisager d'étudier quelques heures supplémentaires, mais après une heure ou deux, je n'avais plus la force de me concentrer sur la Guémara. Je décidai de chercher autour de moi s'il y avait un livre écrit en anglais qui me permettrait de rester éveillé. Après un rapide tour d'horizon, je trouvai un livre écrit par un de mes auteurs favoris : Rav Aryeh Kaplan. Même si je n'avais jamais entendu parler de ses traductions des livres de Rabbi Na'hman, j'avais déjà lu plusieurs de ses livres.

Le livre que j'avais trouvé était la traduction de “Chiv'hé ” et de “Si'hoth HaRan ” [traduits en français sous les titres de : “La sagesse de Rabbi Na'hman ” et “Le voyage de Rabbi Na'hman ”]. J'ouvrai la première partie du livre – “Ses louanges” – qui décrit les pratiques incroyables de Rabbi Na'hman dans son service à D-ieu. Même si ce que je lisais était impressionnant, cela ne me toucha pas particulièrement. Après quelques minutes, j'avais compris que je n'étais pas obligé de compléter la première partie du livre avant d'en commencer la deuxième partie. Immédiatement, je décidai de lire la section “Sa sagesse”.

Ce que je lus eut un effet direct, puissant et qui me toucha d'une façon qu'aucun autre livre d'éthique ou de morale n'avait pu le faire. Tout cela était saisissant et je lus le reste du livre avant la fin de la nuit.

J'étais particulièrement impressionné par les conseils pratiques de Rabbi Na'hman, notamment celui où il est dit que nous devons toujours rester neufs et avoir constamment des pensées positives. J'étais également abasourdi par la force puissante et la crainte du Ciel que le livre transmettait. Je fus complètement inspiré par ma lecture et à l'heure du lever du soleil – lorsque la prière devait commencer – je me sentais renaître.

Le dimanche qui suivait, ma grand-mère devait arriver en Israël pour le mariage. Je décidai d'accompagner mon oncle pour aller la chercher à l'aéroport. La première phrase que je prononçais à l'encontre de mon oncle en montant dans la voiture fut : “S'il te plaît, apprend-moi tout ce que tu peux à propos de breslev !”

Mon oncle fut peut être un peu surpris par mon intérêt soudain, mais il ne le montra pas. Plutôt, il me répondit : “Sais-tu ce qu'est Azamra ” (La leçon 282 du Liqouté Moharan I).

“Non” répondis-je d'un ton joyeux.

“Comment peux-tu ne pas connaître Azamra ? Ceci est la leçon la plus essentielle de Rabbi Na'hman. C'est sans l'ombre d'un doute la première chose que doit connaître une personne curieuse de l'enseignement de Rabbi Na'hman !” C'est ainsi que notre conversation commença. Ensuite, le plus j'étudiais le Rabbi, plus je pensais que ce qu'il disait s'adressait à moi et m'aidait dans les domaines où j'avais de grandes difficultés.

Le Roch Hachana [le jour de l'an juif] suivant, je fis le voyage d'Ouman avec mon oncle et mes cousins. Je devais être âgé de dix-sept ans. À cette époque, le rassemblement de Roch Hachana était très différent de ce qu'il est aujourd'hui. [À propos du séjour de Roch Hachana à Ouman de nos jours, cliquez ici.] Cela faisait peut être deux années que les russes avaient ouverts Ouman au public. Si vous pensez la logistique n'est pas au point aujourd'hui, imaginez ce qu'elle était alors !

Note : je n'ai adopté les vêtements portés par les 'hassidim breslev de Jérusalem qu'à mon mariage (à l'exception de ma barbe que je ne rasais plus). Je pris cette décision avec l'appui de ma femme car je pensais que cela était un “plus” dans le domaine spirituel. Dans tous les cas, j'étais devenu du 'hassid breslev convaincu.