Parache Vayaquel - Rabbi Nathan de Breslev


« Pendant six jours on travaillera, mais le septième jour sera un Chabath saint pour vous, en l'honneur de l'Éternel... » (Exode 35:2) 

Nous désirons tous vivre en paix et avant tout, en paix avec nous-même. Cependant, cela est possible uniquement si nous parvenons à laisser notre âme dominer notre corps. De fait, chaque instant où notre âme ne domine pas notre corps, nous sommes la victime d'une terrible guerre.

Ceci correspond à ce qu'à dit le Roi David (Psaumes 38:4) : « Mes os ne connaissent pas la paix à cause de mes péchés. »

Cette guerre s'explique par le fait qu'il est impossible d'envisager une situation dans laquelle l'âme serait entièrement dominée par le corps, que D-ieu nous préserve. Ainsi, lorsque notre âme sent qu'elle est en train de perdre la partie face au corps, elle déclenche une véritable guerre qui nous éloigne rapidement de la paix.

Notre âme est spéciale ; elle désire ardemment et contiuellement rejoindre ses Racines saintes, c'est-à-dire réaliser la volonté d'Hachem. La vérité est que même une personne méchante (racha'), qu'à D-ieu ne plaise, et dont le corps semble tenir un rôle de dominateur presque absolu, possède une âme qui hurle et crie de toutes ses forces.

Même si elle se trouve dans une situation aussi défavorable, cette âme désire profondément retrouver ses racines. La volonté d'une âme est la volonté de s'approcher le plus près possible de la vérité, c'est-à-dire de suivre la volonté du Créateur.

Nous devons savoir que ce désir de suivre la Volonté divine ne nous quitte jamais entièrement. Peu importe qui nous sommes, ce que nous avons fait de notre vie jusqu'à ce jour et la distance qui nous sépare du Divin : à chaque instant, nous pouvons laisser notre âme s'exprimer... si nous le désirons. Pour cela, nous devons afficher notre volonté de nous rapprocher de la vérité.

C'est parce qu'il nous est impossible d'annuler entièrement cette passion de l'âme pour le Divin que lorsque nous nous en éloignons – qu'à D-ieu ne plaise – nous rencontrons autant de difficultés dans notre vie.

Cette lutte entre notre corps et notre âme ne doit pas être une raison pour nous sentir faible et vouloir baisser les bras. Voici les mauvais conseils que font naître en nous les forces du mal : « D-ieu doit avoir honte de moi de me voir dans un tel pétrin !»; « Quel poltron suis-je pour échouer autant de fois !» Etc.

Tous ces conseils ne cherchent que notre perte et nous faire oublier que c'est Hachem Lui-même qui a voulu que nous vivions cette situation de guerre.

Voici notre mission en ce monde : chercher continuellement à donner plus de force à notre âme, tandis que nous cherchons à dominer chaque instant notre corps. C'est pour ce combat que nous avons été envoyé en ce monde et c'est notre responsabilité de le mener.

C'est également pour cela que nous devons savoir que l'étincelle de vitalité ne quittera jamais entièrement notre âme. Lorsque tout semble perdu et que la vague du désespoir est sur le point de nous submerger, nous devons nous rappeler qu'en nous, le Maître du monde a placé une source formidable de vitalité.

Lorsque la guerre nous envahit et qu'un feu mauvais semble vouloir nous détruire – que D-ieu nous préserve – nous devons laisser notre âme prendre le dessus et donner toute sa place à sa volonté de remplir la Volonté divine.

C'est pour cela que le Créateur nous a donné le Chabath qui est synonyme de paix. En accordant au Chabath le respect qui lui revient, un sentiment de paix émerge en nous. C'est cette paix qui nous permet de vivre réellement une vie joyeuse et pleine. Puissions-nous connaître la paix véritable, celle qui nous rapproche d'Hachem.

(Traduit et adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, 9:25)