Paracha Térouma - Rabbi Nathan de Breslev


« Invite les enfants d'Israël à Me préparer une offrande : de la part de quiconque y sera porté par son cœur... » (Exode 25:2)

Dans la paracha Térouma, commence l'énumération des commandements liés à la construction de la Tente d'assignation. Pendant leur séjour de quarante années dans le désert, c'est dans cette tente que les Juifs pouvaient offrir leurs sacrifices ; c'est également dans la Tente d'assignation que se rendait Moché Rabbénou lorsqu'il devait communiquer avec Hachem.

La construction de la Tente d'assignation correspond au concept de tsedaqa (charité). De fait, il est dit dans le verset cité ci-dessus que chaque personne devait participer financièrement à cette construction selon ce que « son coeur » lui conseillait. Ainsi, le Maître du monde laissa chaque individu décider du montant de sa participation, à l'image de la personne qui donne le montant d'argent qu'elle désire au pauvre qui lui demande la tsédaqa.

La raison pour laquelle un montant fixe ne fut pas décrété est que le Créateur souhaitait renforcer la notion de Désir saint qui doit résider dans le cœur de chaque personne. C'est ce désir qui nous pousse à souhaiter nous rapprocher de D-ieu : en priant, en étudiant la Tora, en faisant une mitswa...

La Tente d'assignation – ainsi que le Temple de Jérusalem qui fut construit plusieurs générations plus tard – étaient le lieu où chaque âme désirait voir se révéler au grand jour la Volonté divine. C'est effectivement en ce lieu que les sacrifices étaient apportés et que de nombreuses prières étaient faites pour qu'Hachem les accepte. Ainsi, c'est en ces lieux que le Désir saint que pouvait ressentir chaque personne était susceptible d'atteindre son paroxysme.

Cependant, il existe de nombreuses forces impures dont l'objectif est d'amoindrir la révélation et l'amplitude de ce désir en notre cœur. Un des moyens qu'utilisent ces forces est l'attrait que peut représenter l'argent pour le commun des mortels.

Il faut savoir qu'un des aspects essentiels de l'idolâtrie concerne le rapport que nous entretenons avec l'argent.

Qu'il s'agisse de notre désir d'amasser toujours plus d'argent, de croire que notre parnassa (revenu) dépend seulement de nos efforts, de nos hésitations à donner la tsédaqa aux personnes qui en ont réellement besoin... les tentations sont grandes qui peuvent nous éloigner du Maître du monde, qu'à D-ieu ne plaise.

Voici bel et bien l'objectif du mauvais penchant : éloigner de l'émouna (la foi) chaque personne et lui faire croire que dans tout ce qui touche à l'argent, la Providence divine n'a pas son mot à dire, que D-ieu nous préserve.

Il est grand le nombre de personnes qui s'accordent le premier rôle dans leur poursuite d'une source de revenus et qui se décernent les lauriers en cas de succès en ce domaine.

Pourtant, ce n'est pas toujours selon nos efforts que nous sommes récompensés. Plutôt, c'est Hachem qui décide de notre réussite... ou autrement. S'il est certain que nous ne devons pas faire preuve de paresse, nous devons également faire preuve d'émouna et avoir confiance en la Gratitude divine pour nous accorder ce dont nous avons besoin.

C'est pour cela que le montant des contributions qui devaient servir à la construction de la Tente d'assignation furent volontaires. Il revenait à chaque personne de se rendre compte qu'en donnant plus, elle ne diminuait pas sa richesse personnelle ; au contraire, en affichant une foi complète – et en donnant un montant élevé par rapport à ses revenus – elle tordait le cou au mauvais penchant et rendait gloire à son Créateur.

Souvenons-nous de cet enseignement et lorsque nous avons l'occasion de donner la tsédaqa, donnons avec joie aux personnes adéquates et qui en ont besoin. C'est de cette sorte que nous reonforcerons notre émouna !

(Traduit et adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, Ora'h 'Haïm, Halakhoth Berakhoth Hacha'hakh, 5:45)