Paracha Michpatim - Rabbi Nathan de Breslev


« Si quelqu'un dérobe un boeuf ou une brebis, puis égorge ou vend l'animal... » (Exode, 21:37)

Lorsqu'une personne vole, elle s'éloigne du chemin de la vérité. De fait, elle a choisi d'utiliser son libre-arbitre pour donner de la vitalité aux forces du mal et du mensonge. En d'autres termes, cette personne a utilisé sa caractéristique essentielle – son libre-arbitre – pour faire le mal.

Le pouvoir que nous possédons de choisir la direction vers laquelle nous désirons aller, fait de l'être humain une créature unique. Aucune autre créature de ce monde – animale, végétale ou minérale – possède le libre-arbitre.

La vérité représente l'essence de la Sainteté et du Bien. À l'opposé, le mensonge est l'essence de l'impureté spirituelle et du Mal. La responsabilité de chaque personne est de choisir le Bien et de s'éloigner du Mal. C'est pour cette raison que nous devons toujours choisir de dire la vérité et nous tenir éloignés du mensonge.

Le pouvoir du libre-arbitre – lorsqu'il est mal utilisé – ne consiste pas seulement à laisser à une personne la capacité de mentir ; dans de nombreux cas, une personne peut se tromper et être amenée à croire que le mensonge qu'elle a prononcé représente en fait la vérité.

Cette situation qui semble improbable arrive pourtant fréquemment aux personnes qui mentent régulièrement, que D-ieu nous protège. La raison est qu'un individu qui a pris l'habitude de mentir finit par croire, un jour ou l'autre, que ses mensonges sont en fait la vérité. À force de prononcer des mensonges, la vision de la vérité est devenue pour cette personne entièrement déformée et inversée. 

L'affaire devient encore plus grave lorsque cet individu parvient à faire croire à d'autres personnes que ce qu'il dit est vrai. Dans ce cas, c'est un nombre de plus en plus grand de personnes qui auront une vision complètement fausse, sans forcément qu'elles le sachent !

Un menteur pathologique peut même être amené à croire qu'Hachem lui-même penche en sa faveur et s'arrange tellement bien avec ses « mensonges » que le Maître du monde lui-même finit également par les accepter comme autant de « vérités.»

C'est le Créateur qui a donné ce pouvoir immense au libre-arbitre. À travers la multiplication des mensonges – qui reflètent un mauvais usage du libre-arbitre – une personne peut se tromper au point de croire qu'elle peut manipuler D-ieu, qu'à D-ieu ne plaise.

Cela peut arriver à un individu qui vole et qui finit par croire que ce qu'il vole lui appartient réellement. « Ceci me revenait ! » ; « C'est de mon plein droit que j'ai acquis cela ! » Etc. Toutes ces situations deviennent possible uniquement parce que cette personne avait l'habitude de mentir. 

Pourtant, il est important de savoir que même si le mensonge possède effectivement le pouvoir de nous tromper à ce point, la Sainteté et la vérité détiennent toujours la main haute. Dès l'instant où nous décidons de ne pas mentir, nous donnons une immense vitalité aux forces du bien. En d'autres mots, un brin de lumière peut éclairer une grande obscurité.

Ceci a été prouvé mainntes fois : aussitôt que nous nous éloignons du mensonge, la Lumière divine du Créateur nous éclaire ; c'est cette grande lumière qui est l'essence absolue de la vérité. C'est vers elle que nous devons faire le plus d'efforts pour nous rapprocher.

Lorsque cette lumière éclaire une âme, ce n'est pas seulement elle qui en bénéficie. De fait, ce sont toutes les âmes qui l'entourent qui en reçoivent un grand bénéfice. Ainsi, en souhaitant sortir de l'obscurité du mensonge et nous rapprocher de la lumière de la vérité, c'est un impact certain que nous aurons sur notre entourage. Puissions-nous utiliser notre libre-arbitre pour ne plus mentir !

(Traduit et adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, Halakhoth Guénéva 5:9-11)