Une histoire de casseroles

I
Il est souvent tentant de croire que D-ieu désire de nous des actions exceptionnelles. Un certain Sage marchait sur l'eau ; un autre faisait apparaître des objets aux endroits où il désirait… Lorsque nous regardons nos actions – et que nous constatons la simple difficulté que nous avons à nous lever le matin – notre volonté de mener une vie exemplaire fond rapidement et ce sont à des sottises que nous commençons à penser.

Ce processus se répète à intervalles réguliers dans notre vie. C'est l'orateur puissant et convaincant d'une conférence qui nous inspire à sortir de notre sommeil spirituel, jusqu'au moment où notre découvert bancaire mine nos efforts sincères. C'est la pensée d'un nouveau départ dans notre vie – dans laquelle nous ferions réellement tout ce qui se trouve en notre pouvoir pour vivre d'une façon saine et morale – qui se trouve opposée aux difficultés naturelles de l'éducation de nos enfants et du casse-tête automatique que cela représente. Les exemples peuvent être cités sans fin, chaque personne ayant sa liste personnelle d'occasions manquées, de pensées avortées.

Il est bien de savoir que ceci est la tactique du mauvais penchant : nous faire miroiter l'exemple de personnages qui se situent hors de notre portée, avant de nous mettre en face de notre petitesse et de nous démoraliser au constat de la différence entre les deux.

Pourtant, D-ieu ne désire qu'une chose de nous : ce que nous pouvons faire. Rien de plus, mais rien de moins.

Au décès d'une personne, le Tribunal céleste ne lui demande pas pour quelle raison elle ne fut pas de son vivant à l'image du Sage de sa génération. Si cela était le cas, la réponse serait simple : elle n'était pas ce sage ! On ne pourrait lui reprocher de ne pas avoir mené la vie d'une tierce personne ! Plutôt, on lui demandera si elle a été la personne que le Maître du monde désirait qu'elle soit. Tout ce que le Ciel attendait qu'elle fasse de son vivant, elle aurait pu le faire si elle l'avait voulu.

Un des aspects importants de la vie d'une personne juive est la façon dont elle se conduit chez elle. Comme le dit le diction : il est plus facile de faire croire à la foule que nous sommes un grand Sage qu'à sa femme. La raison est qu'une femme sait réellement qui est son mari. De la part de l'homme, ceci représente un défi à relever chaque jour : être à la hauteur des attentes de sa femme.

Un endroit stratégique au sein de nos maisons est la cuisine. C'est dans cet endroit que la différence entre la vie menée par un juif et celle menée par un non juif se révèlent… ou pas. Le jour du Jugement final, il sera inutile de dire que nous ne savions pas, que nous ne pouvions pas. Les livres abondent qui traitent des lois de kacheroute. Oserons-nous prétendre que nous ne savions pas lire.

Ce qui suit est un exemple de questions que le Tribunal céleste pourrait poser à une personne simple. Les réponses ne sont pas très difficiles à trouver, pour peu que nous ayons déjà étudié le sujet.

1) Vous avez chauffé du lait dans une casserole et l'avez versé dans une casserole propre qui venait d'être utilisée pour faire cuire de la viande. Pouvez-vous boire le lait ?

2) Vous avez chauffé de l'eau dans une casserole propre qui venait d'être utilisée pour faire cuire de la viande et l'avez versée dans une tasse propre qui venait d'être utilisée pour boire du lait chaud. Pouvez-vous boire l'eau ?

Servir D-ieu, c'est aussi plonger notre nez dans les livres. Bon courage (les réponses seront données demain).