L'épanchement de l'âme (20)



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Dans le livre “'Alim leTroufa” (“Les feuilles de la guérison”) de Rabbi Nathan, il est écrit (Lettre 254) : “Le Midrach Rabba (Lévitique 2:3) se pose une question à propos du verset (Jérémie 31:20) : 'Ephraïm est-il donc pour Moi un fils chéri, un enfant choyé, puisque plus J'en parle, plus Je veux me souvenir de lui ? Oh ! Oui, mes entrailles se sont émues en sa faveur, il faut que Je le prenne en pitié, dit l'Eternel.' Le Midrach s'interroge sur l'âge d'un 'enfant choyé.' S'agit-il d'un enfant de deux ou trois ans, ou d'un enfant de quatre ou cinq ans ?

Les commentateurs notent que selon l'opinion pour laquelle l'enfant choyé a deux ou trois ans, celui-ci est un enfant du premier âge qui ne sait pas encore parler, à l'exception de quelques balbutiements et quelques syllabes isolées. Malgré cela, ses parents éprouvent un grand plaisir en l'entendant et cherchent constamment à répondre à ses besoins.

Selon l'opinion pour laquelle l'enfant choyé a quatre ou cinq ans, le verset fait référence à un enfant dont les paroles sont prononcées d'une façon convenable et qui peut demander clairement à ses parents : 'Donnez-moi telle ou telle chose.' Conséquemment, ses parents peuvent répondre d'une façon adéquate à ses requêtes.

Même si le Midrach n'explique pas tout cela en détails, j'ai clarifié plus amplement ce sujet et à mon humble avis, j'ai retiré de cette explication un important réveil spirituel. De fait, Rabbi Na'hman nous avait fortement conseillé de parler chaque jour à D-ieu, et ce que j'ai compris de ce Midrach m'a énormément encouragé et réveillé.

De fait, nous apprenons de cela que même une personne qui est absolument incapable de parler à D-ieu et d'ordonner logiquement ses pensées, est chère aux yeux de D-ieu. Cela est exact, même si cette personne s'exprime seulement par allusions et balbutiements, comme le fait un enfant âgé de deux ou trois ans. Dans ce cas, il peut arriver que D-ieu l'aide à prononcer des paroles entières, comme le fait un enfant âgé de quatre ou cinq ans.

C'est ainsi que tout le peuple d'Israël est cher aux yeux de D-ieu : lorsque nous Lui parlons et que nous formulons nos besoins devant Lui. C'est dans ce cas que nous sommes appelés Ses enfants choyés. Le fin du verset auquel fait référence le Midrach se lit “...puisque plus J'en parle...” ; en hébreu, cela peut également se lire : “... cela suffit que Mes paroles soit en lui...” Nous apprenons ainsi la force de la parole. Celle-ci est d'une telle puissance, qu'il est impossible de l'expliquer d'une façon correcte en écrivant ; c'est pour cela qu'il nous faut rester laconique.

Malgré tout, nous pouvons comprendre de cela une allusion pour nous renforcer dans notre façon de nous exprimer devant D-ieu. Il est évident qu'il est préférable de parler et de s'exprimer d'une façon claire ; cependant, même si une personne est incapable de parler convenablement, son discours n'en reste pas moins cher aux yeux de D-ieu. Dans ce cas, elle “importune” D-ieu, comme le fait un enfant choyé qui est âgé de deux ou trois ans [et qui “importune” son père avec ses demandes].

Nous devons comprendre très bien cela et l'appliquer avec simplicité car ceci représente notre vie éternelle. De fait, il est impossible de vivre la totalité de notre vie dans ce monde en paix sans mettre en application ce que nous avons écrit dans ces quelques lignes. Notre seule force réside dans notre bouche.