Être triste lors d'un décès



Lorsqu'un être cher disparaît dans notre famille – que D-ieu nous préserve – nous sentons la tristesse nous submerger. Peu importe les mots de réconfort que nous recevons, tout nous semble vide de sens, d'instants futiles et de moments précieux qu'il est impossible de rattraper.

Le temps est une invention géniale. En son absence, nous ne pourrions pas nous remettre émotionnellement d'une telle disparition. Cependant, les jours passent – accompagné de l'oubli – et nous retrouvons petit à petit le goût à la vie. Il s'agit d'un processus naturel – c'est-à-dire voulu par D-ieu – et c'est grâce à lui que la vie reprend son charme.

Pour autant, que dirions-nous d'une personne qui se mettrait à rire, à plaisanter ou à se moquer du décès d'un membre de sa famille après quelques années ? Nous lui dirions sans doute qu'il existe des bornes de la bienséance à ne pas dépasser. L'oubli existe pour nous faire reprendre goût à la vie, mais il ne s'agit tout de même pas d'aller au-delà et d'afficher notre manque de sensibilité.

Aujourd'hui est le premier jour du mois juif d'av. Dans l'histoire du peuple juif, ce mois est rempli d'évènements plus tristes les uns que les autres. Le point culminant de cette liste infâme est la destruction du Temple de Jérusalem, il y a bientôt 2 000 années.

Cette disparition a marqué le point final d'une suite de faits qui ont mené à l'exil des juifs. Les conséquences ont été – et sont encore – dévastatrices. Si ce n'était le réconfort de savoir que c'est D-ieu Lui-même qui a permis tout cela, nous pourrions sombrer dans une tristesse sans fin. En fin de compte, si le Maître du monde l'a désiré, c'est que quelque chose de positif doit naître de cette catastrophe.

Que reste-t-il de cette disparition dans nos sentiments lors de notre vie quotidienne ? Nous arrive-t-il de penser à cette destruction et à la vie de peuple sans terre qu'elle nous fait vivre ? Gardons-nous en notre fort intérieur une pointe de tristesse, de pincement au cœur en pensant à cette disparition ?

Il faut se garder de mener une vie dénuée de sens. Vivre sans tirer les leçons du pillage et de la destruction du Temple de Jérusalem revient à ne pas vivre. Il serait préférable d'être mort plutôt que de vivre une vie non juive.

En ce début de mois d'av, demandons à D-ieu de nous aider à sentir Son absence dans nos vies vides de sens. Rien de plus normal : le monde entier est fait pour nous faire oublier la Présence divine. De plus, c'est D-ieu Lui-même qui l'a désiré ainsi. En pleurant notre désespoir à D-ieu, nous ne faisons que remplir notre rôle, celui qui nous a été confié à notre naissance : révéler que sans D-ieu, nous ne pouvons rien.

Maître du monde. Aide-moi de Te vouloir. Viens à mon aide ! Je Te supplie de ne pas me laisser me faire prendre par les vanités et les futilités de ce monde.