Une arrogance mortelle



Après un exil aussi long, certains se demandent réellement pour quelle raison le peuple juif n'est pas encore retourné sur sa terre. Dans ce cadre, le retour en Terre sainte signifie le retour de l'ensemble du peuple juif, avec la paix et la reconnaissance des autres peuples du monde du droit d'Israël à la Terre que le Créateur lui a donnée.

Le peuple juif est le seul peuple de l'histoire humaine à avoir autant de difficultés à revenir dans son royaume d'antan et à pouvoir y rester. Les autres peuple ont été soit effacés de la carte ou vivent plus ou moins tranquillement sur leur terre. Cette particularité juive, pour une terre seulement deux fois plus grande que le département français de la Gironde, nous amène à nous poser la question : quel est l'obstacle à ce retour tant attendu et dont des millions de juifs ont payés de leur vie ?

Dans le Liqouté Moharan I 11:8, Rabbi Na'hman de Breslev a dit : “C'est à cause du péché de l'arrogance que nous ne sommes pas encore retournés sur notre terre. Tout est à cause de ce péché : l'arrogance ; c'est pour cela que nous sommes exilés de notre terre.”

Peut-on être plus clair ? Si nous sommes encore entrain de vivre parmi les nations du monde, ou sur la Terre sainte mais avec les innombrables difficultés que l'on sait, nous ne devons nous en prendre qu'à nous-mêmes. Rien ne sert de chercher un bouc-émissaire, il faut se tourner vers le principal fautif : nous-mêmes.

Rabbi Na'hman rajoute : “Nous ne devons pas dire que nous ne pouvons pas approcher la Terre d'Israël à cause des autres nations qui sont nombreuses (...) La raison principale de ce long exil est que nous courons après la gloire et notre arrogance.”

Ainsi, il ne faut pas nous tromper d'adversaire. S'il faut le savoir, il faut aussi l'admettre. Rien ne sert d'accuser tel ou tel peuple à longueur d'année et, à l'occasion, de pointer du doigt vers le peuple d'Israël. En l'occurrence, le temps qu'on accorde à nos remontrances montre où nous situons la faute principale.

Certains commencent à sourire. “Qu'il est bon de taper sur un juif : tout est de sa faute ! Si je le frappe, c'est qu'il a quelque faute à se reprocher.” Dans ce domaine, la Justice divine ne connaît pas l'oubli. Celui qui frappe sera punit lorsque le Créateur le décidera. D'autre part, celui qui est frappé ne peut pas crier à l'injustice.

L'arrogance, c'est penser à soi avant de penser à D-ieu. Vers où se dirigent la plupart de mes pensées ? Quelles sont mes motivations dans ma vie ? Suis-je plus excité devant une bière que devant un livre de prières ? L'achat du dernier disque à la mode me met-il plus facilement en transes que mettre mes téfilines ? Là réside le problème et la rectification à apporter.

Pourtant, ne culpabilisons pas. Surtout pas ! Si notre cœur à tendance à suivre les chemins de traverse, c'est que personne nous a montré ceux qui mènent réellement à la vie ; tout au plus, nous les a-t-on montrés avec un gourdin et en essayant de nous frapper sur la tête pour nous les faire emprunter.

Alors essayons encore une fois. Prenons notre courage et notre enthousiasme à deux mains et lançons-nous pour de vrai sur une nouvelle voie, vers un nouvel appel : celui de la vérité, de nos racines. Notre âme nous fera alors connaître des délices de paix spirituelles que nous regretteront ne pas avoir connues auparavant.