S'enrichir... pour se noyer


Si nous demandons à une personne si elle est prête à accepter une certaine somme d'argent en cadeau, nous ferions bien de ne pas nous attendre à une réponse négative de sa part. De fait, qui pourrait refuser quelques centaines d'euros supplémentaires ? N'a-t-on pas toujours une bonne raison pour dépenser un peu plus ?

Nous faisons allusion à des dépenses justifiées et qui entrent dans le cours normal de la vie. Inutile de penser à une Ferrari, à un yacht ou à un autre achat de ce style. Nous sommes encore plus éloignés de faire référence à quelque chose qui est nuisible ou interdit d'acheter.

Ainsi, accepter une somme supplémentaire d'argent semble ne poser aucun problème. Il en va de même avec une augmentation de salaire. Il est déjà difficile de faire accepter par son patron une augmentation de salaire, si celui-ci nous l'offre sans que nous la demandions...

L'adage pourrait ainsi se formuler : “Un peu plus est toujours un plus.” Pourtant, une augmentation de revenus n'est pas toujours à souhaiter ou à demander.

Selon la Guemara Gitin 7a, une personne qui se sépare de quelques-uns de ses biens peut éviter en même temps de se retrouver en enfer après sa mort. L'exemple cité par la Guemara est assez simple à comprendre.

Deux moutons décident de traverser une rivière ; un mouton a été récemment rasé, tandis que l'autre affiche fièrement sa belle toison. Les deux moutons s'élancent dans la rivière ; un parvient à traverser, tandis que l'autre coule au fond de la rivière. Celui qui avait été rasé récemment sort sans problème de l'eau et l'autre, alourdi par sa laine, n'est jamais réapparu.

Cela est identique à l'argent que nous possédons. La personne dont l'objectif dans la vie consiste à accumuler l'argent est identique au mouton qui n'avait pas été tondu. De la même façon que le mouton n'est pas parvenu à traverser la rivière, cette personne aussi ne terminera sans doute pas sa vie sans recevoir une punition dans le monde futur.

Cela signifie-t-il que la personne riche est maudite ? Loin de là. Plutôt, il suffit de ne pas se fixer comme objectif dans notre vie l'accumulation de biens ; aussi, il faut penser aux autres : donner aux pauvres, à ceux qui ont moins que nous...

En délaissant quelques pièces, nous pouvons atteindre notre objectif : celui de vivre comme des êtres humains, des personnes qui prêtent attention à celles qui les entourent.

En fin de compte, c'est en agissant de la sorte que nous révélons la volonté de D-ieu : celle de nous oublier un peu, encore un peu.