Plus grand que la nature


Devant l'homme, se présente deux chemins : celui de la Sainteté et celui de l'Autre côté. Le premier chemin est celui qui nous rapproche de D-ieu. Le second est celui qui nous en éloigne.

Même si le chemin de la Sainteté nous mène tous vers la même direction – notre Créateur – chaque personne possède son chemin spécifique. Cela signifie qu'en aucun cas, nous devons comparer notre chemin à celui d'une tierce personne. “Moi c'est moi ; lui, c'est lui.”

Notre chemin est défini par notre capacité à le suivre. S'il est trop difficile, au point où nous pensons être forcés à l'abandonner, il se pourrait qu'il ne soit pas le nôtre. Également, si nous nous promenons sur notre chemin comme si nous étions sur un long fleuve tranquille, nous sommes sans doute sur le chemin d'une autre personne.

On le comprend : la personne qui pense avoir trouvé d'elle-même son chemin appartient à la catégorie des prétentieux ; plutôt, c'est avec maintes prières que nous pouvons espérer que D-ieu nous montre la voie à suivre.

Une conséquence d'être sur le chemin de la Sainteté est de nous détacher d'une façon progressive des lois de la nature. Sans attendre forcément de pouvoir marcher sur la mer dès demain, nous pouvons être certains que D-ieu fera des miracles pour ceux et celles qui essaient de toutes leurs forces d'emprunter et de rester sur le chemin qui mène à Lui.

De quels miracles parlons-nous ? A-t-on déjà vu des juifs religieux voler dans le ciel ? La tasse de thé d'un 'hassid va-t-elle venir vers lui plutôt que l'inverse ? Par vraiment. Nous devons avoir la conviction que ces choses ne relèvent pas de l'impossible – cette notion s'opposent à celle du Divin – mais nous ne devons pas avoir la prétention de penser que D-ieu fera de tels miracles ouverts pour nos pauvres personnes ; un mendiant ne demande pas un million d'euros pour être heureux.

Plus simplement, D-ieu nous fera accepter avec joie ce que d’autres ne pourraient endurer. Un exemple ?

Une personne désire se rattacher à ses racines ; elle se promet de ne plus travailler le samedi. La perte de salaire que cela représente est difficile à endurer ; cette personne avait l’habitude d’un certain train de vie et devoir faire avec moins n’est jamais une chose aisée. Les premières difficultés représentent une “descente spirituelle”.

Après un certain temps – dont la durée varie selon la nature du sujet et la personne – les difficultés s’effacent doucement ; ce qui semblait presque impossible s’avère réalisable puis... réalisé ! Dans notre cas, la personne s’apercevra qu’elle possède encore suffisament de ressources pour vivre d’une façon convenable et que l’indispensable est différent de l’agréable.

Accepter ne signifie pas se résigner. La personne qui se fait une raison n’accepte pas son sort. Celle qui bénéficie pleinement du miracle est celle qui fait sienne les anciennes difficultés et qui les perçoit dorénavant comme des acquis, des points positifs. En l’occurence, la personne se rendra compte à quel point respecter le Chabath la rapproche de D-ieu ; elle profitera de cette addition de temps libre pour prier... mieux ; apprendre... plus. En fin de compte, elle remerciera son Créateur pour lui avoir ouvert les yeux. Un vrai miracle !

Puisse D-ieu vouloir nous ouvrir les yeux et nous faire désirer se rapprocher de Lui. Que Sa compassion ait pitié de notre esprit faible, trop souvent entouré d’obscurité. Amen.