Le hasard et le Divin



La vie pourrait être relativement simple. Nous dirions ce que nous devons dire et les personnes qui sont censées nous écouter feraient ce que nous leur avons dit. Quelle belle image ! Cependant, pour tous ceux et celles qui vivent dans ce monde, force est de constater qu'il n'en est rien. Si le plus souvent les personnes à qui nous parlons ne nous écoutent pas, nous oublions que nous ne faisons pas toujours ce que nous devrions.

Nous avons l'habitude de concentrer notre attention sur celui qui fait le sourd à nos paroles. “Pour quelle raison dois-je te répéter dix fois de débarrasser la table ?”, “N'as-tu pas encore pris ta douche ?”, “Pour quelle raison ne rentres-tu pas à l'heure ?” Etc. Ces phrases sont celles que des parents échangent fréquemment avec leurs enfants. Et de se demander la raison de cette indiscipline, de ce laisser-aller. “De mon temps !...”

Il arriva qu'un jeune homme eut de la peine à voir sa jeune femme ne pas toujours être habillée d'une façon modeste. Il décida d'aller en parler à son rabbin, Elazar Shach, z.ts.l. Après l'avoir écouté pendant de longues minutes, le rabbin Shach s'exclama : “Si votre femme ne s'habille pas d'une façon modeste, c'est que vous ne le désirez pas réellement.” Le jeune homme était sidéré ; c'est lui-même qui avait demandé à être reçu pas le Rav et en fin de compte, on lui disait que tout était de sa faute ! Laissons cet exemple de côté et essayons de comprendre la façon dont les personnes de notre entourage réagissent.

Une chose est certaine : D-ieu ne laisse rien faire au hasard ; de fait, ce mot devrait même être proscrit de notre langage. Ainsi, un enfant qui n'écoute pas son père doit, certes, être rappelé à l'ordre. Cependant, celui-ci aurait tort de s'en prendre à son enfant en le considérant comme un problème, parmi les nombreux qui remplissent ses journées.

Plutôt, le peu de réactions à nos paroles doit être pris pour ce qu'il est : un moyen utilisé par le Créateur pour nous apprendre quelque chose. La question étant de savoir ce que D-ieu désire nous apprendre.

Dans le tumulte des relations entre parents et enfants, le sentiment qui remonte régulièrement à la surface des premiers est l'énervement, voire la colère. On sait que la colère est à proscrire. Contrairement aux psychologues qui y voient un moyen sain de se défouler s'il est utilisé à bon escient, nous devons admettre que la colère est une révolte contre D-ieu. Autant le savoir. La mise en scène de notre vie est réglée par D-ieu et Lui seul. Si une situation nous énerve, nous remettons en cause le metteur en scène. Cela n'est pas la meilleure attitude pour faire notre propre examen de conscience.

Ainsi, quelle meilleure technique pour enseigner à une personne à contrôler ses envies de colère que de la mettre en contacts avec des adolescents, de préférence ses propres enfants ? Le résultat est garanti : plusieurs fois par jour, cette personne sera testée, mise à l'épreuve et... réussira ou échouera le test, selon le cas.

Si nous réussissons, n'en tirons pas trop de gloire. Pensons au prochain test, sans doute plus proche et plus difficile que nous le souhaiterions. Si nous avons échoué, point de sentiment de culpabilité mal placé. Après tout, si le Créateur du monde avait voulu que Ses créatures soient parfaites, Il les aurait créés comme telles ! Plutôt, retroussons nos manches, multiplions nos prières pour demander l'Aide divine et... attendons à pieds fermes le prochain test. Dans les deux cas, nous aurons appris à mieux nous connaître et à devenir de meilleures personnes. En fin de compte, n'est-ce pas l'essentiel ?

Ceci est la règle générale : tout est voulu par D-ieu et celui ou celle qui aurait une plainte à déposer contre le metteur en scène ferait bien d'y réfléchir auparavant.